Les dents de la sagesse

Attente

Journée grise et pluvieuse. Le retour dans cette région où je ne connais personne est rude après ce long séjour dans ma belle famille.

Une opportunité nous incite à changer de lieu de vie cet été… En moins de quatre ans j’aurai vécu dans cinq appartements, trois régions différentes, je me serai marié deux fois et j’aurai -logiquement- divorcé, j’aurai vu ma situation professionnelle radicalement changer. Je suis extrêmement impatiente de poser mes valises dans notre chez nous et de clôturer une bonne fois pour toute cette période de transition, intense bien que pas toujours désagréable, épuisante, riche en découvertes mais définitivement inconfortable.

En attendant me voilá ici oú je ne me projette déjà plus. L’isolement social commence à me peser. Je pense déjà à ma vie dans cette grande ville où se trouvent toujours la plupart de mes vieux amis.
Jean est revenu en France il y a à peine plus de deux ans et a vécu ce même inconfort de façon bien plus extrême que moi. Nous sommes un peu deux vieux adolescents ballotés par leur anciennes décisions douteuses excités à l’idée d’un confort de vie et d’une sécurité tout nouveaux. On parle du jardin, du potager que l’on compte y planter malgré notre absence totale d’expérience en la matière, de Nouchka qui pourra s’y prélasser…

En attendant, nous voilà dans le froid et sous la pluie, sans amis aux alentours, jouant à la ps4 et promenant la chienne en tâchant d’éviter les rôdeurs avinés qui plombent le quartier. La beauté de cette ville, à laquelle j’étais si sensible il y a quelques semaines en arrière, m’a paru plus fade à la minute où je suis revenu sachant que mon avenir se trouvait ailleurs. La saison n’arrange rien… J’ai découvert la ville durant un interminable été indien radieux, je la retrouve sous un ciel de béton.
Quelques mois à attendre et c’est la maison, le jardin, la ville ensoleillée, les vieux amis, le mariage…