Les dents de la sagesse

Beauf

1 mois et demi de convalescence.
Jean est en vacances, il m’a proposé une balade à vélo dans la campagne. En bon hypocondriaque, il est très inquiet de mon état de santé. On s’est promené au bord de l’eau, sous un soleil timide. La région est sublime, il est encore possible d’y observer quelques animaux sauvages. On s’est arrêté acheter une bouteille de vin rouge sur le retour. A peine dix petits kilomètres mais cela m’a fait le plus grand bien. La douleur est là mais le moral est dépoussiéré.

En rentrant j’ai pris ma codéine et j’ai investi le canapé avec Nouchka qui avait envie de s’y installer (ce qui est rare depuis qu’elle est une vieille dame). J’ai regardé la télé avec un plaisir même pas coupable (le seul danger de l’existence c’est de se prendre au sérieux) et mon programme de la soirée c’est de me péter la tête au vin rouge devant un bon plat de pâtes. Au début de notre relation Jean m’avais dit "être beauf, c’est le nouveau rock’n’roll" ... C’est une observation brillante.

Je ne peux pas faire grand chose de ce qui constitue mes habitudes. La douleur pèse trop lourd et les pics de fièvre me fatiguent beaucoup. Les crises ophtalmiques sont très handicapantes. Excepté l’écriture je ne peux pas faire grand chose de ce qui me tient à cœur. L’ennui.