Les dents de la sagesse

La pluie

Toujours pas de sommeil pour moi. Douleurs qui me réveillent dès que je commence à somnoler.
Je suis restée un long moment éveillée dans le lit bercée par le son de la pluie contre les carreaux. Par la fenêtre, un réverbère éclairait la nuque nue de Jean. Vraiment cet homme me rend folle. Je le désire à la folie, je l’aime à l’infini, je l’admire terriblement.
Je me rappelle notre rencontre, qui date de l’époque où je me pliais encore en quatre pour essayer de transformer mon art en activité professionnelle viable (activité lucrative et intégrité artistique ne font malheureusement pas bon ménage). C’était donc sur mon lieu de travail, et il jouait dans ce groupe. Son animalité. Parce que c’est le seul mot qui me vient à l’esprit : l’animalité. J’ai de suite, et sans vraiment m’en rendre compte, aimé cet homme droit, simple, avenant, chaleureux. Je me suis alors intéressé à son travail de musicien où toute sa sensibilité s’exprime avec talent et avec justesse, où la violence et les doutes sont sublimés. Je ne me rendais même pas encore compte de mon attirance pour lui que j’étais déjà dévorée par l’envie de le connaitre. Jean ! Qui es tu ? d’où viens tu ? Pourquoi tant de charme et de beauté ? J’étais trop occupée à le découvrir que je n’ai même pas fait l’effort de le séduire, il est venu à moi, emporté par la même curiosité. L’AMOUR ! J’ai été si heureuse qu’il m’aime en retour, de son regard sur mon travail, et sur l’ensemble de mon être…
L’amour vraiment est le seul et unique but de cette existence. L’amour pour les autres, pour l’art, pour ce monde et tout ce qu’il renferme. L’amour. C’est tout.