Les dents de la sagesse

Suivez le lapin blanc

Quelle journée étrange. Je me suis levé tôt et je suis sortie sans prendre de douche ni même me maquiller, ce qui est très inhabituel de ma part. J’ai juste enfilé ma grosse parka et mes rangers. J’ai sorti Nouchka. Un vieille conne m’a hurlé de sa fenêtre qu’elle en avait marre des merdes de chiens au moment même où j’étais en train de la ramasser. J’ai eu envie de la lui balancer à la figure. Je suis aller chercher un colis en point relais, le colis n’y était pas. Le responsable en a profité pour me sortir le grand jeu, me proposer son numéro perso… Bref la drague bien lourde. J’ai pris la fuite aussi rapidement que possible, sous la pluie, et j’ai travaillé une sculpture qui me donne envie de la balancer par la fenêtre. Elle me plait mais je n’apprécie pas les technique à l’oeuvre. C’est un crâne en bois tibétain très stylisé sur lequel j’ajoute de nombreux ornements en perles de verre. Enfiler des perles, déjà, ça me gonfle, mais organiser les points de tensions pour obtenir un rendu pérenne tout en conservant l’esthétique du projet… C’est fastidieux.
Simon m’a appelé pour me parler d’un projet auquel il aimerait que je participe : la créations de totems en matériaux de récupération… Le principe me plait mais comme d’habitude avec Simon, il pense d’abord au profits des ventes et à la communication avant l’intérêt artistique de la manœuvre.
Puis mon père a obtenu ses résultats : pneumopathie organisée cryptogénique. C’est une maladie rare avec traitement à la cortisone jusqu’à fin juin. C’est sérieux mais les traitements sont maîtrisés… C’est plutôt une bonne nouvelle !
Je me suis alors endormi sur le canapé, sans même m’en rendre compte, sans doute sous l’effet du soulagement. Jean est rentré plusieurs heures plus tard. J’avais laissé les clefs sur la serrure (une habitude que j’ai pris lorsque je suis seule pour m’épargner les recherches interminables de ces fameuses clefs) il ne pouvait donc pas rentrer. Il a sonné à la porte et sur mon téléphone un bon quart d’heure avant que je ne me réveille… Il commençait vraiment à s’inquiéter.

Je ne l’ai pas lâché de la soirée. J’avais besoin de câlins comme une enfant de 4 ans. Nous sommes aller nous coucher, je me suis endormi presque aussitôt. J’ai rêvé que mon père remplissait mon verre d’alcool fort et que je le buvais cul sec avant qu’il ne me resserve, et ainsi de suite. Jean était là, muet et mal à l’aise. Ma mère fulminait et était en colère. Mon père continuait encore et toujours de me faire boire des eaux de vie et autres flocs.

Jean m’a réveillé car il n’arrivait pas à dormir et il voulait un somnifère. Pour ma part je n’ai pas pu me rendormir. J’ai un début de cystite très douloureux. Une journée étrange dont je me sens plus spectatrice qu’actrice.

https://youtu.be/WANNqr-vcx0