Les dents de la sagesse http://wisdomteeth.journalintime.com/ Être une artiste. Avoir la trentaine. Être une femme. Être passionnée. Vouloir prendre ce qu'on ne m'a pas offert. Vouloir récupérer ce qu'on m'a pris. Être heureuse. fr 2018-11-20T18:43:41+01:00 http://wisdomteeth.journalintime.com/Parenthese Parenthèse J'ai plusieurs rendez-vous à la clinique pour préparer mon intervention. L'ambiance hospitalière me rappelle une période étrange. J'ai été hospitalisé assez longtemps suite à ma dernière tentative de suicide. Je me suis réveillée à l’hôpital après 3 jours de coma. Une fois mon état de santé stabilisé j'ai été internée en psychiatrie. La chef de service n'était visiblement pas à sa place en psychiatrie. Elle ne comprenait pas que des personnes en bonne santé cherchent à se détruire et elle ne s'en cachait pas. Elle ne se privait pas de commenter nos tentatives de J’ai plusieurs rendez-vous à la clinique pour préparer mon intervention. L’ambiance hospitalière me rappelle une période étrange.
J’ai été hospitalisé assez longtemps suite à ma dernière tentative de suicide. Je me suis réveillée à l’hôpital après 3 jours de coma. Une fois mon état de santé stabilisé j’ai été internée en psychiatrie. La chef de service n’était visiblement pas à sa place en psychiatrie. Elle ne comprenait pas que des personnes en bonne santé cherchent à se détruire et elle ne s’en cachait pas. Elle ne se privait pas de commenter nos tentatives de suicide, nos dépressions, nos automutilations, nos anorexies/boulimies. Elle était connue comme le loup blanc auprès des patients. On l’entendait déambuler dans les couloirs en pestiférant à la cantonade. C’est elle qui décidait de nos "privilèges" en tant que patients. J’ai été privée de vrais vêtements durant trois semaines. Je me baladais en blouse (une de celles ouvertes au cul) culottes jetables et chaussons en plastiques, je me pelais et je passais mon temps collée aux radiateurs. certains n’avaient pas eu droit à un coup de téléphone, un journal ou à la visite d’un proche depuis plus de six mois. Tous les patients subissaient sa mauvaise humeur et l’ambiance s’en ressentait. Quelque part j’ai apprécié ce séjour. Il y avait beaucoup de solidarité entre patients. Nous partagions tous la même parenthèse épineuse. C’était une bulle floutée par l’effet des médicaments dans laquelle nous déambulions tous un peu hagards, chacun en proie à ses propres réflexions. Nous discutions assez peu mais avec une franchise et une honnêteté déconcertante. Auprès de ces gens j’étais libérée de la honte de mon enfance bâclée, gênante. Personne ne faisait semblant d’aller bien là bas. Je me suis pris d’affection pour une jeune anorexique. Un aspirant écrivain m’a montré sa bite parce qu’il était complexé et il sollicitait les opinions féminines sur le sujet (elle était d’une taille tout à fait honorable). Je demandais à Kylian de m’apporter des cigarettes que je donnais à ceux qui n’avaient pas de visite. Pour mon anniversaire une sublime cinquantenaire, internée pour un burn out carabinée, a réussi à faire entrer une bouteille de whisky. Avec les médicaments nous étions tous sagement endormis avant la troisième gorgée. Il y avait aussi les crises en pleine nuit, les patients dont on a peur, ceux qui ont l’œil éteint et qui semblent morts, quelques altercations, les crises de larmes, la nuit, de part et d’autre du couloir.
Je repense rarement à tout cela mais ces derniers jours en arpentant les couloirs de la clinique, la lumière, les odeurs ressuscitent des souvenirs qui me prennent à la gorge par surprise. Je repense à tous ces gens et je me demande comment ils vont aujourd’hui.

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2018-11-20T18:43:41+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Chaos Chaos Nouchka a fait une série de crises d'épilepsie ces deux dernières semaines, puis s'est trouvé dans un état critique durant près de 72 heures. Peur, panique, effroi, craintes, vétérinaire en urgences, protocole de soin. Mon ex mari est venu à son chevet. Nous avons, lui, Jean et moi, pleuré toutes les larmes de nos corps. Nous avons cru, par une matinée terrible, qu'elle était en train de nous quitter et mon cœur en a été comme arraché. Puis elle s'est incroyablement rétablie et mon cœur avec. Je suis admirative de la force de caractère et de la volonté de ce "petit" être Nouchka a fait une série de crises d’épilepsie ces deux dernières semaines, puis s’est trouvé dans un état critique durant près de 72 heures. Peur, panique, effroi, craintes, vétérinaire en urgences, protocole de soin. Mon ex mari est venu à son chevet. Nous avons, lui, Jean et moi, pleuré toutes les larmes de nos corps. Nous avons cru, par une matinée terrible, qu’elle était en train de nous quitter et mon cœur en a été comme arraché. Puis elle s’est incroyablement rétablie et mon cœur avec. Je suis admirative de la force de caractère et de la volonté de ce "petit" être poilu (d’une quarantaine de kilos, tout de même!)
Jean a été d’un soutien sans faille. Il a su oublier d’être anxieux et hypocondriaque quand il le fallait. Il a su être une épaule pour moi, des bras pour Nouchka.

Nouchka, je t’aime. Je suis heureuse de tout ce que nous avons pu vivre ensemble et de toutes les possibilités qui s’offrent à nous à l’avenir. Je suis incroyablement chanceuse de t’avoir dans ma vie. Kylian, mes parents, ma belle famille, mes amis et bien sûr Jean, ton maître, ont chacun un sentiment de tendresse infini à ton égard. Mon père m’a envoyé un texto (!) pour prendre de tes nouvelles, c’est dire l’amour et l’harmonie qui irradie de ton vieux corps qui pue. J’ai reçu des messages d’amis que je ne vois plus suite au divorce, d’amis qui n’ont pas pour habitude de se soucier des animaux… Ma belle Nouchka, tu as pris une place importante en ce monde.

J’ai peur de perdre le goût d’écrire en "public". Les retours que vous m’envoyez sont excellents et très flatteurs (merci à vous tous, je ne vous ai pas répondu dernièrement parce que… Nouchka… Mais vous me faites beaucoup de bien) mais je m’aperçois avec dépit que je ne suis pas toujours très à l’aise. C’est particulier ce "journal intime en ligne", c’est contradictoire. Je commence également à nourrir une certaine paranoïa. J’ai pourtant la volonté et l’envie dévorante de publier ces textes futiles et visibles par tous. Tous mes carnets manuscrits ont été lus à mon insu et contre mon gré, d’abord par ma mère puis par Jessica… Au moins ici JE décide que je montre tout. C’est moi qui livre. On ne me vole rien. On ne pourra rien me voler.

Dans un tout autre registre j’ai enfin une date d’opération. C’est une très bonne nouvelle. J’ai peur, comme une gamine anxieuse.

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2018-11-20T02:32:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Fissure Fissure Réveillée tôt par l'angoisse. Je n'ai pas réussi à me rendormir. J'ai parfois l'impression que je pourrais tomber en lambeaux à la moindre faiblesse. Je déteste cette fragilité. J'essaie de l'accepter comme faisant partie de moi, de l'accueillir comme un élément de mon histoire, mais certains jours... Je suis simplement fatiguée. Je n'ai pas assez dormi et ça ne manque jamais de peser sur mon moral. Je n'ai pas de nouvelles de mon père depuis son message il y a dix jours. Ma réponse est restée lettre morte. Je me suis aperçu que mes remboursements de santé sont virés sur Réveillée tôt par l’angoisse. Je n’ai pas réussi à me rendormir. J’ai parfois l’impression que je pourrais tomber en lambeaux à la moindre faiblesse. Je déteste cette fragilité. J’essaie de l’accepter comme faisant partie de moi, de l’accueillir comme un élément de mon histoire, mais certains jours… Je suis simplement fatiguée.
Je n’ai pas assez dormi et ça ne manque jamais de peser sur mon moral.

Je n’ai pas de nouvelles de mon père depuis son message il y a dix jours. Ma réponse est restée lettre morte.
Je me suis aperçu que mes remboursements de santé sont virés sur le compte de mon ex mari. Je vais devoir le contacter. Même si notre relation est bonne, ce n’est pas une perspective qui me ravi.

[edit : Leïca a fait une crise d’épilepsie dans la soirée. Tristesse. Angoisse]

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2018-11-07T08:03:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Entre-chien-et-loup Entre chien et loup Promenade avec Nouchka, entre chien et loup, dans le feu de l'automne. Quel heureuse surprise de se plaire autant dans une ville où je me suis installé par hasard, par amour. Les ciels y sont épiques, les églises et cathédrales démesurées, tout évoque la science fiction. La région est calme et désertique, les gens sont simples et mesurés. Pas de hipster ici, pas de grandiloquence, pas de sourire de façade. Le temps se déroule au ralenti dans une certaine contemplation. Le cadre idéal pour panser ses plaies, cicatriser, puis vivre, enfin. Promenade avec Nouchka, entre chien et loup, dans le feu de l’automne. Quel heureuse surprise de se plaire autant dans une ville où je me suis installé par hasard, par amour. Les ciels y sont épiques, les églises et cathédrales démesurées, tout évoque la science fiction. La région est calme et désertique, les gens sont simples et mesurés. Pas de hipster ici, pas de grandiloquence, pas de sourire de façade. Le temps se déroule au ralenti dans une certaine contemplation. Le cadre idéal pour panser ses plaies, cicatriser, puis vivre, enfin.

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2018-11-06T18:33:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Betise Bêtise et reconstruction Je tiens à répondre aux questions de A. et de D. qui m'ont été adressé en privé. J'ai commencé un message péniblement long, confus et détaillé que j'ai fini par effacer. Je m'efforcerai finalement de répondre le plus succinctement possible (bien que je doute de mes capacités à faire preuve de synthèse pour ce type de sujet!) Ces deux jeunes gens ont été confrontés, chacun à leur façon, à l'incrédulité de leur proches lorsqu'ils ont révélé les maltraitances dont ils ont été victimes, choses à laquelle je me suis moi même confronté il y a de nombreuses années. Je tiens à répondre aux questions de A. et de D. qui m’ont été adressé en privé.
J’ai commencé un message péniblement long, confus et détaillé que j’ai fini par effacer. Je m’efforcerai finalement de répondre le plus succinctement possible (bien que je doute de mes capacités à faire preuve de synthèse pour ce type de sujet!)

Ces deux jeunes gens ont été confrontés, chacun à leur façon, à l’incrédulité de leur proches lorsqu’ils ont révélé les maltraitances dont ils ont été victimes, choses à laquelle je me suis moi même confronté il y a de nombreuses années.

La première grande difficulté lorsque l’on a survécu à ces enfances c’est de voir la réalité en face. C’est le premier pas et c’est loin d’être le plus simple. Lorsque que l’on vit dans une famille maltraitante il est rare que les relations y soient saines. Bien souvent les adultes maltraitants tissent un discours culpabilisant, visant à rejeter la responsabilité des sévices sur la victime ou sur les circonstances, voir même à nier les actes de violences...Les témoins des sévices, souvent la famille entière, refusent de voir la réalité et doivent parfois faire preuve d’une imagination débordante pour nier l’évidence, souvent, là aussi en culpabilisant la victime. La famille et l’entourage entier peuvent se mouvoir en monstre manipulateur dont le soucis principal est de modifier les actes et la réalité, parfois auprès d’une victime très jeune qui n’est pas encore en mesure de raisonner par elle même. Grandir dans ces conditions est extrêmement destructeur pour la confiance en soi, on pense ne pas être en mesure de penser par nous même. La grande difficulté c’est de repérer ces discours là. De les neutraliser, souvent à posteriori. Sortir de l’aura d’un manipulateur n’est pas une chose simple, sortir de l’aura d’un manipulateur qui a fait notre "éducation" est quelque chose de bien plus compliqué. Mettre des mots, faire confiance en ses souvenirs et en son jugement se dire "les choses se sont produites comme cela, malgré ce que l’on m’a dit" est un exercice extrêmement difficile, aussi basique soit-il, car nos éducations nous ont souvent dressé à douter de nous même en permanence et de façon maladive.

Cette difficulté est majorée par les personnes à qui nous avons pu parler un jour de ces problèmes là, car nous leur faisions confiance, et qui n’ont pas su accueillir l’aveu de notre enfance. A. je comprends tout à fait que tu parles de "rejet très violent" et de "mouvement de recul" de la part de l’interlocuteur. C’est très vicieux car il ne s’agit presque jamais de "non je ne te crois pas, tu mens" mais toujours de " Si tu penses avoir été victime alors moi aussi qu’est ce que tu crois, aucune famille n’est parfaite ! Moi aussi j’ai souffert mais cela ne sert à rien de se plaindre, c’est du passé". Ces personnes ont tord sur deux point.
Tout d’abord cela n’a rien à voir avec une quête de perfection ! Toutes les familles sont effectivement toxiques, complexes, défaillantes. Mais ce qui nous fait nous, c’est que nous n’avons pas de famille. Nous sommes seuls avec ce cri silencieux depuis toujours et nous donnerions tout pour, nous aussi, avoir une famille défaillante, comme tout le monde. Avec une enfance maltraitante nous n’avons jamais eu le luxe de penser à la perfection, nous voulons juste pouvoir vivre nos vie d’adulte sans nous auto détruire, sans avoir honte de nous même en permanence.
Enfin, nous ne nous plaignons pas de cette enfance, nous avons besoin d’y faire face comme à une réalité. Nous avons besoin d’identifier précisément sa nature. De savoir avec certitude ce qui est normal ou pas normal, ce qui relève de "violences ordinaires" et de réelle maltraitance. De différencier la réalité des mensonges qu’on nous a raconté pour que nous nous taisions. C’est pour ça que nous parlons. Pas pour nous "plaindre" ou "pour faire nos intéressants". Il s’agit avant tout de briser le silence car il est destructeur.
Les violences intra familiales sont un sujet infiniment tabou dans cette société. Même si tout le monde ou presque s’accorde à dire "mon dieu, c’est terrible pour ces enfants, il faut les aider" dans les faits c’est bien plus simple de réduire les victimes au silence. C’est la difficulté à laquelle se confronte toutes les victimes de violences taboues. Il faut absolument prendre conscience de ça et se tourner vers des personnes à l’écoute. C’est aussi très important à mes yeux de savoir se détacher de la "validation" des autres. Vous SAVEZ ce que vous avez vécu, vous avez porté cette honte en vous même des années durant, parfois toute votre vie. Vous savez alors soyez actif dans vos reconstructions. Vous n’avez besoin de personne.

N’oubliez pas, vous victime, et vous lecteurs qui ne sont pas concernés par ces souffrances là mais qui en connaissent certainement bien d’autres, qu’il n’y a aucune hiérarchie dans la souffrance humaine. On peut davantage souffrir d’une broutille que d’un événement traumatisant et c’est tout aussi grave. Il faut savoir faire preuve d’empathie face à quelqu’un qui avoue une souffrance et il ne faut pas immédiatement se remettre au centre du discours. Il ne s’agit pas de nous. Quelqu’un qui avoue une souffrance n’essaie pas de vous enlever la votre, ce n’est pas confiscatoire. Quand vous avez le soupçon que quelqu’un s’approprie vos maux pour se trouver des excuses, se faire plaindre, s’approprier vos histoires, ne perdez pas de vue que vous pouvez vous tromper, que c’est peut être simplement la difficulté de mettre son histoire en mots qui rend son discours "peu crédible" à vos yeux. L’empathie est une qualité essentielle et il faut savoir aussi en faire preuve face aux personnes que vous jugez égoïstes, superficielles et dans la plainte.

D. me demande s’il est nécessaire d’aller jusqu’au procès pour pouvoir faire face à son passé maltraité. Je n’ai pas fait appel à la justice dans ma démarche. Être reconnu officiellement comme victime peut bien sûr être une aide précieuse pour entamer sa reconstruction. Cela peut aussi être un message envoyé à son ou ses agresseurs "non, cela ne doit pas être un secret de famille. Non, vous s’aviez pas le droit. Oui j’ai le droit de m’approprier ma propre histoire. Oui, j’ai le droit au respect, au confort, au bonheur, je suis digne d’attention, etc."
Ne perds pas de vue qu’il va te falloir fournir des preuves recevable devant une court de justice et/ou des témoignages. Sans oublier qu’il va falloir garder confiance en toi face aux soupçons, à tes agresseurs, à leurs mensonges et insultes, voir même à leurs menaces… Ou alors à leur manipulations. Je ne l’ai pas fait car je ne me sentais pas capable de faire face à tout ça, et tous les dossiers médicaux qui auraient pu servir de preuve ont été "perdus"... Tous les témoins de mes sévices vivent dans la négation de tout cela, sans parler de la question d’une éventuelle prescription. Mais si toi tu te sens de faire face à tout ça, tu as tous mes encouragements !
Le plus important c’est de briser le silence. Brisez le et n’attendez de validation de personne. Réalisez que vous avez le droit de vous reconstruire, que vous valez aussi bien que n’importe qui d’autre. Courage !

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2018-11-06T13:46:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Enfance-ca-rime-avec-violence Enfance ça rime avec violence Le gouvernement prévoit apparemment quelques nouvelles dispositions au sujet des violences faites à l'enfance. Je Comptais m'en informer aujourd'hui. Depuis mon réveil je repousse l'échéance. C'est un sujet toujours à vif pour moi. Le gouvernement prévoit apparemment quelques nouvelles dispositions au sujet des violences faites à l’enfance. Je Comptais m’en informer aujourd’hui. Depuis mon réveil je repousse l’échéance. C’est un sujet toujours à vif pour moi.

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2018-11-03T18:44:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Beauf Beauf 1 mois et demi de convalescence. Jean est en vacances, il m'a proposé une balade à vélo dans la campagne. En bon hypocondriaque, il est très inquiet de mon état de santé. On s'est promené au bord de l'eau, sous un soleil timide. La région est sublime, il est encore possible d'y observer quelques animaux sauvages. On s'est arrêté acheter une bouteille de vin rouge sur le retour. A peine dix petits kilomètres mais cela m'a fait le plus grand bien. La douleur est là mais le moral est dépoussiéré. En rentrant j'ai pris ma codéine et j'ai investi le canapé avec Nouchka qui 1 mois et demi de convalescence.
Jean est en vacances, il m’a proposé une balade à vélo dans la campagne. En bon hypocondriaque, il est très inquiet de mon état de santé. On s’est promené au bord de l’eau, sous un soleil timide. La région est sublime, il est encore possible d’y observer quelques animaux sauvages. On s’est arrêté acheter une bouteille de vin rouge sur le retour. A peine dix petits kilomètres mais cela m’a fait le plus grand bien. La douleur est là mais le moral est dépoussiéré.

En rentrant j’ai pris ma codéine et j’ai investi le canapé avec Nouchka qui avait envie de s’y installer (ce qui est rare depuis qu’elle est une vieille dame). J’ai regardé la télé avec un plaisir même pas coupable (le seul danger de l’existence c’est de se prendre au sérieux) et mon programme de la soirée c’est de me péter la tête au vin rouge devant un bon plat de pâtes. Au début de notre relation Jean m’avais dit "être beauf, c’est le nouveau rock’n’roll" ... C’est une observation brillante.

Je ne peux pas faire grand chose de ce qui constitue mes habitudes. La douleur pèse trop lourd et les pics de fièvre me fatiguent beaucoup. Les crises ophtalmiques sont très handicapantes. Excepté l’écriture je ne peux pas faire grand chose de ce qui me tient à cœur. L’ennui.

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2018-11-02T19:42:57+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Lamaline Lamaline Cela fait un mois et demi que mes dents de sagesse, les 4 en même temps, poussent sans s'arrêter. ça fait marrer les médecins et les dentistes qui n'ont jamais vu ça. Le jour où j'ai réussi à formuler verbalement cette idée "mon père n'est pas victime de ma mère mais coupable de l'avoir laissé faire" un truc a cédé en moi. Un truc qui me maintenait dans un brouillard honteux et culpabilisant. A ce moment précis j'ai senti que mes dents de sagesse commençaient à pousser. Le corps humain est quand même un truc très mystérieux. J'ai eu un mal de chien toute la nuit et ce Cela fait un mois et demi que mes dents de sagesse, les 4 en même temps, poussent sans s’arrêter. ça fait marrer les médecins et les dentistes qui n’ont jamais vu ça. Le jour où j’ai réussi à formuler verbalement cette idée "mon père n’est pas victime de ma mère mais coupable de l’avoir laissé faire" un truc a cédé en moi. Un truc qui me maintenait dans un brouillard honteux et culpabilisant. A ce moment précis j’ai senti que mes dents de sagesse commençaient à pousser. Le corps humain est quand même un truc très mystérieux.

J’ai eu un mal de chien toute la nuit et ce matin je suis à deux doigts de me taper la tête contre les murs. Les migraines que cela provoque sont horribles, avec phases ophtalmiques et perte de vision. Je vis dans ma crâne et ma mâchoire dans ces moments là. Incapable de penser à autre chose.
Je ferai peut être au saut chez le médecin aujourd’hui pour qu’on bascule de nouveau sur de la Lamaline. Je ne la supporte pas mais ça calmera peut être les douleurs.

Pensées pour toutes les personnes vivant avec de lourdes maladies ou des douleurs chroniques. Vous êtes des warriors philosophes.

j’ai reçu une question très intéressante cette nuit, j’y répondrai plus tard, trop de mal à me concentrer pour le moment.

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2018-11-02T11:17:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/rouge-sang Rouge sang "le sang de nouveau a coulé dans mes veines". Cette phrase avec laquelle j'ai célébré ma vivacité retrouvée a été prononcée aujourd'hui par Lolita. Nous sommes tous un peu les mêmes et nous vivons tous un peu les mêmes choses. Le retour à la vie des presque morts. "le sang de nouveau a coulé dans mes veines". Cette phrase avec laquelle j’ai célébré ma vivacité retrouvée a été prononcée aujourd’hui par Lolita. Nous sommes tous un peu les mêmes et nous vivons tous un peu les mêmes choses.

Le retour à la vie des presque morts.

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2018-11-02T01:57:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/S-ebrouer S'ébrouer En fin d'après midi j'ai eu Lolita au téléphone. Je connais Lolita depuis 5 ou 6 ans et nous sommes lentement mais sûrement devenues des amies très proches au fil des années. On était toutes les deux artistes lorsque l'on s'est rencontré. Elle est aujourd'hui reconverti en aide soignante passionnée par son métier malgré toutes les difficultés qu'elle y rencontre. Elle est en train de se rendre compte qu'elle n'a plus d'amour pour son compagnon avec qui elle est en couple depuis une dizaine d'années. Elle est tombée amoureuse d'une de ses collègues, ce qui a été le En fin d’après midi j’ai eu Lolita au téléphone. Je connais Lolita depuis 5 ou 6 ans et nous sommes lentement mais sûrement devenues des amies très proches au fil des années. On était toutes les deux artistes lorsque l’on s’est rencontré. Elle est aujourd’hui reconverti en aide soignante passionnée par son métier malgré toutes les difficultés qu’elle y rencontre.

Elle est en train de se rendre compte qu’elle n’a plus d’amour pour son compagnon avec qui elle est en couple depuis une dizaine d’années. Elle est tombée amoureuse d’une de ses collègues, ce qui a été le déclencheur de pas mal de choses en elle. C’est beau, une personne qui s’éveille, qui renaît, qui dépoussière les choses. Lorsque que tous les réflexes qui constituent notre quotidien et que l’on a jamais eu le courage de remettre en question sont réétudié, souvent il n’en reste plus grand chose, on préfère faire le vide.
C’est beau de voir mon amie qui s’ébroue, qui a peur mais qui est déjà en train de s’armer de courage.

Les douleurs dentaires m’ont un peu foutu la paix aujourd’hui pour la première fois de la semaine.

Promenade avec Nouchka sous la pluie à minuit, j’ai levé le visage vers le ciel pour sentir les gouttes froides, en baissant la tête je me suis aperçu que Nouchka faisait la même chose. Cela m’a fait sourire. Elle s’est ébroué et nous sommes rentré.

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2018-11-02T01:29:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Etre-ou-ne-pas-etre Être ou ne pas être J'ai reçu beaucoup de retours sur mes textes ces derniers jours, sur le forum mais surtout en privé. Beaucoup de compliments et d'encouragements, qui mettent du baume au cœur, mais aussi pas mal de curiosité. Je répondrai ici à quelques questions. H. Me demande qui je suis et quel est mon âge. J'ai 33 ans bien que cela me paraisse inconcevable et que je me sente parfois bien plus jeune, parfois bien plus vieille. J'ai brièvement envisagé une carrière de danseuse dans la danse contemporaine vers 18/19 ans à laquelle j'ai dû renoncer suite à des blessures à répétition. J'ai J’ai reçu beaucoup de retours sur mes textes ces derniers jours, sur le forum mais surtout en privé. Beaucoup de compliments et d’encouragements, qui mettent du baume au cœur, mais aussi pas mal de curiosité. Je répondrai ici à quelques questions.

H. Me demande qui je suis et quel est mon âge.
J’ai 33 ans bien que cela me paraisse inconcevable et que je me sente parfois bien plus jeune, parfois bien plus vieille.
J’ai brièvement envisagé une carrière de danseuse dans la danse contemporaine vers 18/19 ans à laquelle j’ai dû renoncer suite à des blessures à répétition. J’ai ensuite fait des études dans les sciences humaines, j’ai un master en recherche et je visait le doctorat dans l’optique d’embrasser l’enseignement universitaire. Cependant mes envies (besoins?) artistiques m’ont rattrapés. Je ne m’épanouissais qu’intellectuellement à l’université, il y avait trop de sacrifices à faire dans ma vie de femme, ma vie sociale ainsi que mes très divers et très nombreux centres d’intérêts. Donc à 26 ans, je me suis extirpé de la fac pour me consacrer à ma vie artistique et renouer avec toutes les choses futiles et agréables qu’on met souvent à la porte sans même s’en apercevoir lorsqu’on combine études exigeantes/jobs alimentaires. J’ai renoué avec les sorties entre amis, les mondanités aux vernissages de mes collègues, la séduction, les séries qu’on regarde jusqu’à 3 heures du matin, les heures "perdues" devant les boutiques en ligne… J’ai pour la première fois de ma vie embrassé la joie et la futilité… Et finalement, cela n’a rien de futile !

Malheureusement, un deuil assez compliqué a rouvert chez moi les blessures et les failles qui m’avaient profondément abîmé durant mon enfance et auxquelles je n’avais jamais réussi à faire face malgré des années d’analyse. J’ai fui la réalité durant des années, souvent à l’aide de drogues et d’alcool, et je me suis peu à peu enfoncé dans une dépression dégueulasse et toute une série de tentatives de suicide, timides au départ, puis de plus en plus sérieuses. J’ai réussi à sortir de ce cercle vicieux le jour où j’ai trouvé une oreille bienveillante. En deux années j’ai réussi à sortir la tête de l’eau et à affronter ce monstre que je fuyais jusqu’alors : J’ai réussi à admettre, clairement, sans explication, sans excuse et sans détour que ma mère avait été violente avec moi depuis aussi loin que mes souvenirs me portent, et que mon père ne m’avait jamais protégé. Ce fut un travail très difficile et dense à fournir que d’envisager l’ampleur des violences et le système mortifère qui les entouraient. Car en plus d’avoir dû subir des violences physiques, psychologiques et des maltraitances de la part de ma mère, j’ai dû aussi subir les réprimandes et les punitions de mes deux parents qui me considéraient (inconsciemment, je l’espère...) comme responsable de l’échec de leur vie familiale… et de leur vie en général.
Cette situation familiale dysfonctionnelle a encré en moi un sentiment de honte, de culpabilité et de haine de moi même terrible qui a failli avoir ma peau. Ma psy a résumé toutes cette problématique par le terme "hémorragie narcissique" et cela me parle. Je dois avouer que le simple fait d’être en mesure de déclarer "Je ne suis pas coupable de tout ça" m’a vraiment aidé a enclencher le travail de reconstruction. (edit : Petit point psychanalytique : J’avais écrit "je ne suis pas capable de tout ça" et effectivement, je ne suis pas capable de tant de violence et de méchanceté!)
Donc aujourd’hui j’en suis là : Travail de reconstruction entamé et bien mené jusque là ! J’arrive même à avoir confiance en moi et en mes capacités. Je sais qu’il y aura des moments difficiles et que la route sera longue mais j’ai enfin trouvé un certain confort en moi même qui me permet de faire face aux choses sans me détruire. J’ai également réussi à éloigner des personnes que je soupçonne d’avoir utilisé mes failles pour leurs propres intérêts et je suis actuellement entourée de bienveillance et de générosité, ce qui me permet de travailler sans être sur mes gardes. Et puis je suis très amoureuse, et ça l’air de rien, ça facilite tout !

Mes projets actuellement sont donc de mener à bien ce travail sans pour autant lui laisser la place centrale dans ma vie, faire une reconversion pour envisager un avenir financier plus stable qui me permettra de vivre sans devoir penser à l’argent en permanence (parce qu’une vie d’artiste c’est quand même épuisant) de continuer mon travail artistique qui fait profondément parti de moi, et puis de pouvoir enfin m’ouvrir au monde débarrassée de toute cette violence.

[EDIT : Je m’aperçois que je n’ai répondu qu’à une seule question. A. et D. je ne vous ai pas oublié ! Je répondrai à vos questions dans mes prochains écrits]

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2018-11-01T16:37:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Catharsis Catharsis Malgré la douleur intense (la journée d'aujourd'hui a été particulièrement difficile à vivre) j'ai tout de même passé une bonne journée. J'ai développé des photos, dont une avec beaucoup de soins. Je suis très contente de cette photographie. J'ai réussi là où je bloquais depuis plusieurs mois, je suis soulagée. Je vais pouvoir travailler de nouveau sur ma série. J'ai terminé les plans de l'atelier, j'attends une petite rentrée d'argent pour pouvoir me lancer dans les travaux du décors. Après toutes ces années je vais enfin avoir un studio à domicile! Pouvoir m'exprimer Malgré la douleur intense (la journée d’aujourd’hui a été particulièrement difficile à vivre) j’ai tout de même passé une bonne journée. J’ai développé des photos, dont une avec beaucoup de soins. Je suis très contente de cette photographie. J’ai réussi là où je bloquais depuis plusieurs mois, je suis soulagée. Je vais pouvoir travailler de nouveau sur ma série. J’ai terminé les plans de l’atelier, j’attends une petite rentrée d’argent pour pouvoir me lancer dans les travaux du décors. Après toutes ces années je vais enfin avoir un studio à domicile ! Pouvoir m’exprimer librement, ici, avec mes proches, à travers mon travail… Tout cela est très libérateur.
Nous avons des projets artistiques avec Jean qui m’inspirent particulièrement. Depuis que nous ne vivons plus à Paris tout est beaucoup plus simple. Être enfin logés correctement pour 400 euros de moins par mois, avec 40 mètres carré de plus… ça débloque beaucoup de choses.
Je suis impatiente d’être enfin opérée pour pouvoir vivre pleinement mes journées. La douleur devient vraiment insupportable.

Ces prochains jours je vais essayer de publier régulièrement des textes dans lesquels je raconterai ma dépression, la drogue, même mon enfance (ça serait bien, je crois). Je veux raconter tout ça. Pour l’extirper de moi. Pour m’en libérer.

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2018-10-31T02:50:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Du-sens Du sens Je suis tellement heureuse, fière, soulagée de mon parcours et de son issue. Se sortir comme je l'ai fait d'années de dépression et d'addictions, de quête perpétuelle de moi même... Finalement j'y suis arrivée, j'ai fait les bons choix... Mes intuitions étaient bonnes! Mais j'ai tant douté. Je suis portée par une énergie folle. J'ai besoin d'écrire et d'écrire, de fixer noir sur blanc tous ces mots, donner du sens aux événements, y voir clair, me comprendre, me connaitre, m'accepter telle que je suis et ne jamais céder à la facilité. Tout ça pour finalement éclairer la Je suis tellement heureuse, fière, soulagée de mon parcours et de son issue. Se sortir comme je l’ai fait d’années de dépression et d’addictions, de quête perpétuelle de moi même… Finalement j’y suis arrivée, j’ai fait les bons choix… Mes intuitions étaient bonnes !
Mais j’ai tant douté.
Je suis portée par une énergie folle. J’ai besoin d’écrire et d’écrire, de fixer noir sur blanc tous ces mots, donner du sens aux événements, y voir clair, me comprendre, me connaitre, m’accepter telle que je suis et ne jamais céder à la facilité. Tout ça pour finalement éclairer la vérité telle qu’elle est, crue et moche parfois : oui, tes parents ont foiré. Non, ta mère n’avait pas le droit. les violences, les coups, les médicaments, les maltraitances, les insultes, les humiliations… Elle n’avait pas le droit. Oui, ton père a laissé faire, sans rien dire. Oui, il a essayé de te rendre responsable de tout ça. Oui, il m’a reproché, à moi, d’être responsable de la déception que sa vie familiale lui inspirait. Alors que tu étais une victime, qu’il aurait dû te protéger, car c’est le devoir d’un père de protéger son enfant, de veiller à sa sécurité. Oui, j’ai ensuite fait confiance à des personnes qui ont su profiter des failles que cette enfance creusé en moi, consciemment ou inconsciemment. Oui, j’ai réussi à faire de belles choses malgré tout, des études longues (ok, je n’ai pas persisté jusqu’au doctorat mais tout de même ! 7 ans environ de sacrifices et de travail acharné ! Des diplômes, des mentions très bien, être major de ma promo… !) une carrière artistique, du courage, de belles histoire, d’amour et d’amitié… J’ai fait de belles choses. Des moins belles aussi. La drogue, l’alcool, les tentatives de suicide et les crises de larmes, tout annuler, tout peindre en noir. Mais c’est mon parcours. Il est bien tel qu’il est, j’en suis fière.
Aujourd’hui je ne cours plus après les diplômes et la reconnaissance de mes pairs artistes. Plus besoin. Je travaille à la construction de ce graal : la confiance en moi. Car je pense que ce n’est pas quelque chose qu’on trouve, qu’on a ou qu’on a pas, c’est quelque chose qu’on construit. Aujourd’hui je veux vivre et y trouver du plaisir. Contribuer à ce foyer, y apporter de la beauté, de la joie de vivre, un salaire, de la chaleur et de la bienveillance.
C’est infiniment symbolique que mes dents de sagesse choisissent ce moment précis pour m’emmerder. Je pense effectivement avoir ENFIN réussi à mettre un peu de sagesse dans ce bordel qu’était ma vie. C’est douloureux, la sagesse, mais ça en vaut la peine.

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2018-10-30T16:29:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/La-pluie La pluie Toujours pas de sommeil pour moi. Douleurs qui me réveillent dès que je commence à somnoler. Je suis restée un long moment éveillée dans le lit bercée par le son de la pluie contre les carreaux. Par la fenêtre, un réverbère éclairait la nuque nue de Jean. Vraiment cet homme me rend folle. Je le désire à la folie, je l'aime à l'infini, je l'admire terriblement. Je me rappelle notre rencontre, qui date de l'époque où je me pliais encore en quatre pour essayer de transformer mon art en activité professionnelle viable (activité lucrative et intégrité artistique ne font Toujours pas de sommeil pour moi. Douleurs qui me réveillent dès que je commence à somnoler.
Je suis restée un long moment éveillée dans le lit bercée par le son de la pluie contre les carreaux. Par la fenêtre, un réverbère éclairait la nuque nue de Jean. Vraiment cet homme me rend folle. Je le désire à la folie, je l’aime à l’infini, je l’admire terriblement.
Je me rappelle notre rencontre, qui date de l’époque où je me pliais encore en quatre pour essayer de transformer mon art en activité professionnelle viable (activité lucrative et intégrité artistique ne font malheureusement pas bon ménage). C’était donc sur mon lieu de travail, et il jouait dans ce groupe. Son animalité. Parce que c’est le seul mot qui me vient à l’esprit : l’animalité. J’ai de suite, et sans vraiment m’en rendre compte, aimé cet homme droit, simple, avenant, chaleureux. Je me suis alors intéressé à son travail de musicien où toute sa sensibilité s’exprime avec talent et avec justesse, où la violence et les doutes sont sublimés. Je ne me rendais même pas encore compte de mon attirance pour lui que j’étais déjà dévorée par l’envie de le connaitre. Jean ! Qui es tu ? d’où viens tu ? Pourquoi tant de charme et de beauté ? J’étais trop occupée à le découvrir que je n’ai même pas fait l’effort de le séduire, il est venu à moi, emporté par la même curiosité. L’AMOUR ! J’ai été si heureuse qu’il m’aime en retour, de son regard sur mon travail, et sur l’ensemble de mon être…
L’amour vraiment est le seul et unique but de cette existence. L’amour pour les autres, pour l’art, pour ce monde et tout ce qu’il renferme. L’amour. C’est tout.

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2018-10-30T04:37:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Insomnie Insomnie Incapable de trouver le sommeil. l'insomnie, cette vieille compagne avec qui j'avais pourtant coupé les ponts, revient me les briser depuis les douleurs physiques et les médicaments pour les calmer. Mais ça ne me dérange pas vraiment. Ici la nuit est sublime. J'écris dans mon lit, aux côtés de Jean endormi, et je n'ai qu'à lever les yeux pour, du velux de la chambre, contempler les toits noirs et brillants nappés de brume et écouter la pluie sur les carreaux. J'ai tellement de sujets importants à aborder pour compléter ce bilan de "changement de vie", ou de "crise de la Incapable de trouver le sommeil. l’insomnie, cette vieille compagne avec qui j’avais pourtant coupé les ponts, revient me les briser depuis les douleurs physiques et les médicaments pour les calmer. Mais ça ne me dérange pas vraiment. Ici la nuit est sublime. J’écris dans mon lit, aux côtés de Jean endormi, et je n’ai qu’à lever les yeux pour, du velux de la chambre, contempler les toits noirs et brillants nappés de brume et écouter la pluie sur les carreaux.
J’ai tellement de sujets importants à aborder pour compléter ce bilan de "changement de vie", ou de "crise de la trentaine", appelons le comme vous voudrez… Pour résumer je dirais les choses ainsi : J’ai survécu à une enfance terrible avec pour seul souci celui de survivre, seulement, arrivée à l’âge adulte, je me suis aperçu que survivre n’était pas suffisant et que les choix que j’avais fait me tuaient à petit feu. Je ressens toujours ce désir écrasant de remettre de l’ordre dans le déroulement des choses, de remettre des mots sur chaque souvenir, chaque émotion, chaque relation.
Car oui, certaines relations ont été problématiques. Il n’y a pas de personne toxique, seulement des relations toxiques, et à mon grand désarrois, les deux personnes qui m’ont été le plus proches et fidèles durant les quinze dernières années ont revêtu ce rôle. Kylian, avec qui j’ai vécu en couple jusqu’à il y a un peu moins de deux ans en arrière durant treize ans, avec qui j’ai été mariée, et Jessica, ma "meilleure amie" depuis mes 17 ans, avec qui "j’ai fait les 400 coups" comme on dit. Ces deux personnes, qui ont été tout mon univers durant 15 ans, les deux seules âmes sur qui je comptais en ce monde, n’œuvraient finalement que pour mon malheur. Je ne les blâme pas, il s’agit simplement de malentendus. Enfin surtout pour Kylian. On a eu une histoire d’amour, au début en tout cas (j’avais 18 ans!) et puis… et puis… La vie… On s’est perdu en route. Mais ce qui était sûr c’est qu’il y avait de l’amour, pas LE GRAND AMOUR mais quand même ! Par contre Jessica… J’ai bien plus de réserves sur sa personnalité. Il n’y a pas de personnes toxiques mais il y a des personnes égoïstes au point de vider les autres de leurs ressources quand pourtant elles en ont le plus besoin. Je reviendrai sur Jessica et Kylian de toute façon.
Mais aujourd’hui je suis là sans eux et VRAIMENT je me sens tellement libérée. Toujours écouter son cœur. Toujours œuvrer avec passion. TOUJOURS.

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2018-10-30T03:32:44+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Codoliprane Codoliprane Je me suis levé tard aujourd'hui. Jean est malade, je l'ai trouvé sur le canapé, emmitouflé dans une couverture polaire. J'ai promené Nouchka sous la pluie. Elle trottinait sur ses longues pattes en zigzaguant entre les flaques. J'aime cette chienne profondément. Je l'ai adopté il y a plus de 12 ans, elle avait 2 mois. Elle m'a tout appris. Elle m'a appris la tendresse, la patience, l'amour, la bienveillance. Elle est ma véritable famille. J'aime nos promenades, c'est toujours un moment d'évasion. J'imagine que c'est ce que ressentent les fumeurs durant leurs pauses cigarettes. à Je me suis levé tard aujourd’hui. Jean est malade, je l’ai trouvé sur le canapé, emmitouflé dans une couverture polaire. J’ai promené Nouchka sous la pluie. Elle trottinait sur ses longues pattes en zigzaguant entre les flaques. J’aime cette chienne profondément. Je l’ai adopté il y a plus de 12 ans, elle avait 2 mois. Elle m’a tout appris. Elle m’a appris la tendresse, la patience, l’amour, la bienveillance. Elle est ma véritable famille. J’aime nos promenades, c’est toujours un moment d’évasion. J’imagine que c’est ce que ressentent les fumeurs durant leurs pauses cigarettes.
à notre retour à l’appartement j’ai vu que ma mère m’avait envoyé un message. Elle me prévient qu’elle m’a acheté un radiateur qu’elle me fera livrer la semaine prochaine. Je lui réponds "cool ! merci!" ... Pourquoi m’envoie-t-elle un radiateur à 30 euros alors que j’ai quitté la maison familiale à 14 ans et que je suis indépendante depuis lors ? La personne qui me frappait et m’affamait lorsque j’avais 5 ans se soucie du chauffage de mon appartement maintenant que j’en ai 30 et des poussières… ça fait bien longtemps que je ne me pose plus de questions. Je suppose qu’elle cherche a entretenir le lien et qu’elle ne sait pas comment s’y prendre.
J’ai répondu au mail de mon père qui me demandait "comment ça va les dents?". Comme d’habitude quand j’ai un message de sa part - une fois tous les deux ans à peu près- , je suis tellement contente que je m’enflamme. Je lui ai rédigé un message fleuve qui décrit mon épopée dentaire. Je lui ai même fait un schéma humoristique pour expliquer où je souffre le plus… bref je me plie en quatre pour essayer d’avoir l’air drôle, intelligente, pour qu’il se rappelle qu’il a une fille et qu’elle est digne d’intérêt… Même si je sais que la réponse sera monosyllabique et que j’en serai disproportionnellement déçue. J’ai cliqué sur "envoyer" et ainsi a commencé l’attente de la réponse. quatre heures plus tard, j’en ai eu marre de scruter mon téléphone, je suis sorti faire quelques courses. J’ai acheté du vin blanc et de quoi préparer un bon repas pour la soirée, puis je suis passé à la pharmacie pour récupérer mes médicaments sous ordonnances. la pharmacienne m’a expliqué un bon moment comment prendre le codoliprane, que j’allais certainement me sentir un peu "bizarre", etc. J’ai écouté religieusement, en m’efforçant de prendre l’air concernée. Je ne voulais surtout pas qu’elle perçoive chez moi l’ancienne accro à la codéine que je suis, qui, durant mon ancienne vie, allait sans vergogne acheter son codo et son klipal dans plusieurs pharmacies pour ne pas éveiller les soupçons des pharmaciens. Depuis je me suis désintoxiquée dans les bras de Jean, et on ne vend plus librement ces médicaments. J’ai tendu ma carte vitale et récupéré mes boites de codoliprane et d’apranax, son regard s’est attardé sur ma bague. Une bague en argent sur laquelle est sertie une dent (décidemment!) et j’ai cru l’espace d’une seconde qu’elle allait percevoir l’ancienne accro. Je me suis empressée de sortir et je suis rentrée sous la pluie, dans cette ville de conte de fée au ciel bas.
En rentrant je n’avais toujours pas de réponse de mon père. Je n’en ai toujours pas mais je suis au chaud avec Jean et Nouchka, nous avons une bouteille de vin blanc et un bon repas. Ma vie est ici, pas avec ma mère, pas avec mon père.

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2018-10-27T21:30:00+02:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Nouvelle-lune Nouvelle lune Au cours de ces deux dernières années j'ai totalement changé de vie. Tout a commencé avec un secret de famille révélé. Ce fut un déclic. J'ai, sans vraiment le décider, envoyé boulé tout ce que je ne supportais plus... Finalement ce fut ma vie entière. J'ai quitté Paris il y a peu avec mon nouveau compagnon. Nous avons un nid douillet dans une petite ville où nous ne connaissons personne. En ce lieu tout neuf, j'ai pu reprendre là où j'avais abandonné mon travail d'analyse. Mon enfance maltraitée... Ce fardeau qui m'a poussé dans cette ancienne vie où je me sentais si mal. Au cours de ces deux dernières années j’ai totalement changé de vie. Tout a commencé avec un secret de famille révélé. Ce fut un déclic. J’ai, sans vraiment le décider, envoyé boulé tout ce que je ne supportais plus… Finalement ce fut ma vie entière. J’ai quitté Paris il y a peu avec mon nouveau compagnon. Nous avons un nid douillet dans une petite ville où nous ne connaissons personne. En ce lieu tout neuf, j’ai pu reprendre là où j’avais abandonné mon travail d’analyse. Mon enfance maltraitée… Ce fardeau qui m’a poussé dans cette ancienne vie où je me sentais si mal. J’ai écrit une lettre à ma mère, que je ne devais pas lui envoyer… J’ai eu le vertige devant l’ampleur des violences qu’elle m’a fait subir. C’est très dur, ce travail de reconstruction, mais c’est salvateur. Jean, mon amoureux, m’aide tellement… Sans trop en faire, juste par sa présence, juste par son regard. Il est le socle sur lequel j’ai pu refonder un bien être tout nouveau, une estime de moi, une vie saine. J’étais prête à me jeter à corps perdu dans une formation pro, pour une reconversion qui serait la dernière étape de ma reconstruction, quand mes dents de sagesse, à la trentaine entamée, se sont montrées très déterminées à l’idée de pousser, comme ça, du jour au lendemain. en attendant l’extraction je suis sous anti douleurs très puissants, prise de migraines et de douleurs horribles, quasi alitée avec mes pensées… C’est une pause imposée mais bienvenue.

Alors voilà ce journal. Pour célébrer avec soulagement cette nouvelle ère où la sagesse m’assaille.

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2018-10-27T19:03:00+02:00