Les dents de la sagesse http://wisdomteeth.journalintime.com/ Être une artiste. Avoir la trentaine. Être une femme. Être passionnée. Vouloir prendre ce qu'on ne m'a pas offert. Vouloir récupérer ce qu'on m'a pris. Être heureuse. fr 2019-03-19T19:42:00+01:00 http://wisdomteeth.journalintime.com/google-et-gourous google et gourous La vie d'adulte dans la société actuelle s'apparente à un séjour en colonie de vacances de l'époque où j'étais enfant. C'était trop cher pour ce que c'était, un peu nul, tout le monde s'emmerdait. Et devant les adultes il ne fallait jamais rien critiquer, toujours être content, souriant, optimiste, se surcharger d'activités minables pour s'occuper, se coucher tôt en feignant être satisfait de sa journée. Seules les amitiés et les amourettes qui s'y jouaient valaient la peine. La vie d'adulte aujourd'hui c'est les colonies de vacances d'autrefois, les amitiés et les amourettes La vie d’adulte dans la société actuelle s’apparente à un séjour en colonie de vacances de l’époque où j’étais enfant. C’était trop cher pour ce que c’était, un peu nul, tout le monde s’emmerdait. Et devant les adultes il ne fallait jamais rien critiquer, toujours être content, souriant, optimiste, se surcharger d’activités minables pour s’occuper, se coucher tôt en feignant être satisfait de sa journée. Seules les amitiés et les amourettes qui s’y jouaient valaient la peine.
La vie d’adulte aujourd’hui c’est les colonies de vacances d’autrefois, les amitiés et les amourettes en moins.
Le capitalisme a imposé tous ses gourous du "feel good" et de la pensée positive visant à écraser tout sens critique et opinions personnelles, l’adulte adapté est un bon robot content, qui voit le bon côté des choses en toutes circonstances et dont la moindre objection critique serait qualifiée de "négativité". Sur les réseaux sociaux et dans la vie sociale ordinaire, il n’est plus possible d’émettre une opinion quelconque sans que quelqu’un se sente offensé. Les méa culpa pullulent… On finit par placer au même niveau les pires propos racistes/homophobes/islamophobes etc et des opinions négatives lambdas concernant des sujets neutres et sans intérêts.
Je finis par me voir jouer cette comédie moi aussi et c’est terriblement nocif.

Je lis Virginie Despentes en ce moment et ça me fait un bien énorme d’avoir de nouveau un semblant d’énergie rock and roll dans ma vie.
Il me tarde d’arriver dans notre nouvelle maison, de faire la pendaison de crémaillère avec tous mes amis (et ceux de Jean s’il le veut) et que l’on puisse échanger nos points de vue sans que personne ne se sente personnellement offensé, de partager tout ce que l’on a sur le cœur, de débattre librement et dans la bonne humeur, de ne plus être soumis, tant que l’on est ensemble, à cette injonction du positivisme et du bonheur.

Fun fact : Selon une étude américaine de je ne sais plus quelle université, lire des livres de développement personnel augmenterait sensiblement les chances de suicide et multiplierait par 1,5 la survenue d’une dépression dans l’année… à méditer.

Faites attention à vos lectures, à vos gourous, gardez l’esprit critique.

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2019-03-19T19:42:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Foirer Foirer J'ai complètement foiré. Une enfance entière à m'entendre des horreurs m'ont rendu insensible. Je peux être méchante, cassante, méprisante, sans même m'en rendre compte. Un sujet qui m'énerve et hop, je détruis tout, je me détruis par la même occasion, je fais du mal à ceux que j'aime sans le vouloir. J'ai du mal à prendre conscience de la portée de tout ça. C'est depuis que je suis avec Jean, qui peut se montrer un peu colérique parfois, que je m'en rend compte. Je me sens en dessous de tout. Je me déteste. J'ai fait des efforts énormes. Mais il y a encore ces miettes de J’ai complètement foiré. Une enfance entière à m’entendre des horreurs m’ont rendu insensible. Je peux être méchante, cassante, méprisante, sans même m’en rendre compte. Un sujet qui m’énerve et hop, je détruis tout, je me détruis par la même occasion, je fais du mal à ceux que j’aime sans le vouloir. J’ai du mal à prendre conscience de la portée de tout ça. C’est depuis que je suis avec Jean, qui peut se montrer un peu colérique parfois, que je m’en rend compte.

Je me sens en dessous de tout. Je me déteste. J’ai fait des efforts énormes. Mais il y a encore ces miettes de colère qui jaillissent parfois. Je veux qu’elles disparaissent entièrement et devenir enfin celle que je suis au fond de moi, depuis toujours, pas celle qui doit se protéger, se justifier, débattre, argumenter. J’aimerais être moi-même, paisiblement. ça va me prendre du temps et de l’énergie.

Je veux devenir celle que je suis. Pouvoir enfin lâcher prise, baisser ma garde, n’avoir rien à prouver… Maintenant qu’il n"y a personne pour me faire chier autour de moi, je peux me le permettre ! C’est si dur et si long à enlever une armure…
Quand j’étais petite, le premier jour d’école on nous demandait toujours ce qu’on voulait faire plus tard. Je répondais toujours "Manon des sources". Je suis un peu comme ça, un peu libre et sauvage. Incroyablement douce. Les enfants et les animaux ne s’y trompent jamais. Il ne voient pas l’armure de colère chez moi, ils voient la douceur. J’ai du caractère, des opinions, mais de l’ouverture d’esprit. Je n’ai aucun problème à avouer avoir tord ou à me remettre en question. J’accepte les défauts des autres. Je suis bienveillante pour les personnes que j’aime mais je ne me force jamais à communiquer plus que nécessaire avec les personnes que je n’apprécie pas, je reste diplomate mais c’est tout. Je déteste le conflit mais je ne l’évite pas. Je suis fragile, mais je suis forte aussi, quelque fois.

Je ne veux pas que tout ça soit gâché par un manque de confiance en soi pathologique (hémorragie narcissique disait ma psy) et une peur de l’abandon pétrifiante et délirante. Je ne veux pas devenir esclave de ces deux malédictions. Je suis sorcière, je saurai m’en débarrasser.

J’ai contacté un psy aujourd’hui, pour continuer mon analyse une fois installée dans ma nouvelle ville. Je commence sérieusement à chercher du travail demain. J’espère commencer rapidement. Je suis prête à déplacer des montagnes, je suis capable de m’améliorer, tous les jours un peu plus.

Je ne vais pas m’apitoyer et me répandre en excuses. Les progrès ne sont pas linéaires… Les petits couacs ne remettent pas en cause la progression. Je reprends ma progression, tranquillement, obstinément. Même si je foire à nouveau.

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2019-03-05T18:48:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/La-minute-pouffe La minute pouffe Malgré ces temps un peu troublés et peu propices à la légèreté, j'ai le plaisir de me réconcilier avec mon image. Depuis ma tentative de suicide c'était catastrophique. Je m'étais perdu, je ne me sentais pas forcément laide... Mais je ne savais plus trop à quoi je ressemblais. J'ai eu toute ma vie les cheveux très longs et pendant une crise d'angoisse je les avais coupé très courts. Tout le monde me complimentait et me comparait à Winona Ryder... Mais je ne me reconnaissais plus. J'ai vécu le complexe de Samson. C'était de l'autodestruction pure. Puis au début de ma relation Malgré ces temps un peu troublés et peu propices à la légèreté, j’ai le plaisir de me réconcilier avec mon image. Depuis ma tentative de suicide c’était catastrophique. Je m’étais perdu, je ne me sentais pas forcément laide… Mais je ne savais plus trop à quoi je ressemblais. J’ai eu toute ma vie les cheveux très longs et pendant une crise d’angoisse je les avais coupé très courts. Tout le monde me complimentait et me comparait à Winona Ryder… Mais je ne me reconnaissais plus. J’ai vécu le complexe de Samson. C’était de l’autodestruction pure. Puis au début de ma relation avec Jean, qui est extrêmement gourmand, il avait une tendance à cuisiner des plats de pâtes au fromage qui n’ont pas fait du bien à ma ligne. Il n’était pas le seul fautif, je me planquais dernière la nourriture pour compenser le stress de ma rupture. Je n’ai pas pris beaucoup de poids et je l’ai très vite perdu mais ayant toujours été filiforme et sportive… Je l’ai mal vécu. Tout changeait dans ma vie, radicalement, et pour la première fois je ne savais plus comment m’habiller. Je me sentais engoncée dans tout ce que je portais.
Mon image, lors des dernières années de ma relation avec Kylian, était ce qui me faisais tenir. J’avais la sensation de garder le contrôle et de pouvoir cacher ce qui n’allait pas. C’était devenu une façade figée et source d’anxiété. Pour la première fois depuis des années je retrouve du plaisir à m’habiller et me maquiller. j’ai adoré faire les soldes, choisir la robe dans laquelle je m’imagine passer mes soirées d’été, la lingerie qui rendra Jean fou de désir, le sac qui apportera du style à une tenue un peu weak, LE trench que je lorgne depuis des années. Mes cheveux ont repoussé et j’arrive enfin à les dompter. à 34 ans je ne vois toujours pas le signe d’une ride, à part celles qui se creusent quand je me marre (et celles là, je les adore), mon poids n’a pas bougé depuis mes 16 ans, j’ai les traits et les yeux slaves de mon grand père Boris, que j’admirais plus que tout. Parfois je surprends Jean en train de me regarder… Je dois avoir l’air apaisée et épanouie. Il me dit qu’il me trouve sublime et je le crois. Je me sens désirée.
C’est important d’être en accord avec son image. Cela aide a affronter la vie avec plus de confiance. Par exemple, une de mes copines, Coralie, participe à une émission de télé spécialisée prochainement. Elle y sera filmée en train d’exercer son art, dans lequel elle excelle. Et détail important : Coralie est une BOMBASSE absolue, c’est vraiment une femme sublime. Jean ne l’a pas encore rencontrée et je sais que si j’avais été pétrie de complexes, j’aurais senti poindre de vieux relents de jalousie désagréable. C’est invivable de ressentir de la jalousie pour d’autres femme SURTOUT pour ses amies. Il n’y a rien de plus pitoyable que les personnes qui se comparent en permanence aux autres, qui vivent dans la rivalité. Alors, oui, se plaire, se sentir bien dans sa peau et arriver à admirer la beauté des autres sans en être envieuse, c’est important ! Je prends la résolution de faire l’effort de me séduire un peu plus souvent.

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2019-02-17T08:20:22+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Vomir-pardonner Vomir, pardonner. On a passé notre samedi malades avec Jean. Vendredi soir les voisins étudiants sont venu boire des bières à la maison. On a tendance à oublier qu'on est vieux et l'assortiment de paquets de chips qu'ils avaient prévu nous l'a rappelé! On est loin de nos apéros dînatoires avec tapas et plateau de fromages. Donc quand ils sont partis nous étions morts de faim. j'ai bricolé un truc avec des restes, j'étais pompette, je n'ai pas hésité à me servir dans les sachets de sauce qui traînent dans la porte du frigo depuis des lustres. C'était hyper bon donc on ne s'est pas méfié... et On a passé notre samedi malades avec Jean. Vendredi soir les voisins étudiants sont venu boire des bières à la maison. On a tendance à oublier qu’on est vieux et l’assortiment de paquets de chips qu’ils avaient prévu nous l’a rappelé ! On est loin de nos apéros dînatoires avec tapas et plateau de fromages. Donc quand ils sont partis nous étions morts de faim. j’ai bricolé un truc avec des restes, j’étais pompette, je n’ai pas hésité à me servir dans les sachets de sauce qui traînent dans la porte du frigo depuis des lustres. C’était hyper bon donc on ne s’est pas méfié… et voilà comment je nous ai empoisonné. Je n’ai réussi à quitter le lit qu’à 20H hier pour vomir tripes et boyaux. Jean a eu mal à l’estomac toute la journée. J’espère que ça ira mieux aujourd’hui, je m’en veux !
Ce n’est pas une période facile, l’annonce de la maladie de mon père m’a un peu assommé. Je somatise beaucoup, je fais des apnées et je ressens un poids sur la poitrine en permanence. Je veux vraiment tout faire pour améliorer la qualité de notre relation. Il est mal à l’aise avec la communication alors je devrai prendre sur moi. Mais il faut le faire, je ne peux pas rester en colère contre lui. Il faut que j’arrive à discuter avec lui de mon enfance, de sa période alcoolique aussi, qui a été dévastatrice pour notre relation. Il faut que je lui dise que ça va… Je ne comprends pas mais on fait tous des erreurs. Je sais qu’il est quelqu’un de doux et attentionné, mais aussi terriblement maladroit. Je sais qu’il s’en veut beaucoup aussi. j’ai le pouvoir de lui enlever ce poids là, il faut que je le fasse.

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2019-02-17T07:28:01+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Les-relations-toxiques Tuer une bonne fois pour toute une relation toxique. J'utilise plus ou moins régulièrement les réseaux sociaux, majoritairement pour mon travail artistique, mais aussi pour partager des choses plus personnelles, surtout depuis que je vis loin de mes amis. Si vous utilisez instagram vous savez qu'il est possible de poster des "stories" disponibles à la vue de tous pour un temps limité (bon, tout dépend des paramètres mais je ne suis pas là pour faire le descriptif technique d'instagram)... Et cela fait des mois et des mois que je vois régulièrement Jessica regarder mes stories. Je n'ai plus aucune de ses nouvelles, elle n'a fait aucune J’utilise plus ou moins régulièrement les réseaux sociaux, majoritairement pour mon travail artistique, mais aussi pour partager des choses plus personnelles, surtout depuis que je vis loin de mes amis. Si vous utilisez instagram vous savez qu’il est possible de poster des "stories" disponibles à la vue de tous pour un temps limité (bon, tout dépend des paramètres mais je ne suis pas là pour faire le descriptif technique d’instagram)... Et cela fait des mois et des mois que je vois régulièrement Jessica regarder mes stories. Je n’ai plus aucune de ses nouvelles, elle n’a fait aucune tentative pour me contacter depuis le mois de… mai ? juin ? ... Rien. silence radio. C’est un choix que j’accepte dans la mesure où je souhaitais aussi couper les ponts. MAIS elle va quand même regarder mes stories.
Le détail hilarant dans tout ça c’est que je la connais bien, je sais qu’elle n’est pas du tout coutumière des réseaux sociaux et elle ne doit tout simplement pas savoir que lorsqu’elle regarde mes stories, je suis au courant. Elle doit penser être bien en sécurité camouflée derrière son écran.

Au début de ce journal j’avais rédigé un écrit fleuve détaillant l’anamnèse de cette "amitié" (qui a duré 16 ans tout de même). C’était cathartique mais très exhaustif et pas intéressant du tout alors j’ai préféré supprimer ces textes. Je résumerai de nouveau toute l’histoire ainsi : C’était une relation toxique. Jessica est une personne qui, je pense, a beaucoup de choses à régler et qui n’en fait rien. De tous ces problèmes non résolus résultent une personnalité réactive, agressive, envieuse, contrôllante et surtout très irrespectueuse. A de nombreuses reprises je l’ai vu se conduire de façon infecte avec des employés, ses collègues, mes amis… Y compris le jour de mon premier mariage.

Alors pourquoi, me diriez vous, a-t- elle été mon amie ? Malheureusement c’est un peu toujours la même histoire… Mes insécurités, la précarité affective de ma vie jusqu’à il y a peu m’ont conduite à préférer être mal entourée que pas entourée du tout. (tout cela a bien changé!)

Aujourd’hui j’ai pris la décision de la confronter. Lui expliquer qu’elle doit m’oublier et que je la bloquerai purement et simplement de mes réseaux plutôt que de la laisser perdre son temps à lorgner ce qu’est ma vie.
J’ignore la forme que cela va prendre. Je vais y réfléchir. Je reviendrai certainement ici pour en parler.

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2019-02-10T16:57:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Suivez-le-lapin-blanc Suivez le lapin blanc Quelle journée étrange. Je me suis levé tôt et je suis sortie sans prendre de douche ni même me maquiller, ce qui est très inhabituel de ma part. J'ai juste enfilé ma grosse parka et mes rangers. J'ai sorti Nouchka. Un vieille conne m'a hurlé de sa fenêtre qu'elle en avait marre des merdes de chiens au moment même où j'étais en train de la ramasser. J'ai eu envie de la lui balancer à la figure. Je suis aller chercher un colis en point relais, le colis n'y était pas. Le responsable en a profité pour me sortir le grand jeu, me proposer son numéro perso... Bref la drague bien Quelle journée étrange. Je me suis levé tôt et je suis sortie sans prendre de douche ni même me maquiller, ce qui est très inhabituel de ma part. J’ai juste enfilé ma grosse parka et mes rangers. J’ai sorti Nouchka. Un vieille conne m’a hurlé de sa fenêtre qu’elle en avait marre des merdes de chiens au moment même où j’étais en train de la ramasser. J’ai eu envie de la lui balancer à la figure. Je suis aller chercher un colis en point relais, le colis n’y était pas. Le responsable en a profité pour me sortir le grand jeu, me proposer son numéro perso… Bref la drague bien lourde. J’ai pris la fuite aussi rapidement que possible, sous la pluie, et j’ai travaillé une sculpture qui me donne envie de la balancer par la fenêtre. Elle me plait mais je n’apprécie pas les technique à l’oeuvre. C’est un crâne en bois tibétain très stylisé sur lequel j’ajoute de nombreux ornements en perles de verre. Enfiler des perles, déjà, ça me gonfle, mais organiser les points de tensions pour obtenir un rendu pérenne tout en conservant l’esthétique du projet… C’est fastidieux.
Simon m’a appelé pour me parler d’un projet auquel il aimerait que je participe : la créations de totems en matériaux de récupération… Le principe me plait mais comme d’habitude avec Simon, il pense d’abord au profits des ventes et à la communication avant l’intérêt artistique de la manœuvre.
Puis mon père a obtenu ses résultats : pneumopathie organisée cryptogénique. C’est une maladie rare avec traitement à la cortisone jusqu’à fin juin. C’est sérieux mais les traitements sont maîtrisés… C’est plutôt une bonne nouvelle !
Je me suis alors endormi sur le canapé, sans même m’en rendre compte, sans doute sous l’effet du soulagement. Jean est rentré plusieurs heures plus tard. J’avais laissé les clefs sur la serrure (une habitude que j’ai pris lorsque je suis seule pour m’épargner les recherches interminables de ces fameuses clefs) il ne pouvait donc pas rentrer. Il a sonné à la porte et sur mon téléphone un bon quart d’heure avant que je ne me réveille… Il commençait vraiment à s’inquiéter.

Je ne l’ai pas lâché de la soirée. J’avais besoin de câlins comme une enfant de 4 ans. Nous sommes aller nous coucher, je me suis endormi presque aussitôt. J’ai rêvé que mon père remplissait mon verre d’alcool fort et que je le buvais cul sec avant qu’il ne me resserve, et ainsi de suite. Jean était là, muet et mal à l’aise. Ma mère fulminait et était en colère. Mon père continuait encore et toujours de me faire boire des eaux de vie et autres flocs.

Jean m’a réveillé car il n’arrivait pas à dormir et il voulait un somnifère. Pour ma part je n’ai pas pu me rendormir. J’ai un début de cystite très douloureux. Une journée étrange dont je me sens plus spectatrice qu’actrice.

https://youtu.be/WANNqr-vcx0

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2019-02-09T01:42:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/SEx (S)Ex Ces derniers jours j'ai été contactée par différentes connaissances que nous avions en commun avec Kylian, mon ex mari. Il est accusé de violences par sa dernière copine. Je ne sais pas trop quoi en penser ni comment agir. Les gens essaient de me tirer les vers du nez, de savoir s'il a aussi été violent avec moi... Et je prends bien soin de ne rien dire. Mon mariage avec lui, ça ne regarde que lui et moi. Alors oui, à la fin de notre relation nous avons connu de très violentes disputes. Mais si chaque homme ayant un jour connu des disputes lors de ses ruptures devient un homme Ces derniers jours j’ai été contactée par différentes connaissances que nous avions en commun avec Kylian, mon ex mari. Il est accusé de violences par sa dernière copine. Je ne sais pas trop quoi en penser ni comment agir. Les gens essaient de me tirer les vers du nez, de savoir s’il a aussi été violent avec moi… Et je prends bien soin de ne rien dire. Mon mariage avec lui, ça ne regarde que lui et moi. Alors oui, à la fin de notre relation nous avons connu de très violentes disputes. Mais si chaque homme ayant un jour connu des disputes lors de ses ruptures devient un homme potentiellement violent… C’est délirant.

Alors évidemment j’ai stalké les réseaux sociaux… Ce que j’ai découvert sur lui ne m’a bien entendu pas fait plaisir. Il est abonné à des centaines comptes instagram de suicide girls, de modèles hentaï, etc. Je le soupçonnais d’avoir ce genre d’intérêts lorsque nous étions ensemble. J’étais très frustrée sexuellement car, avouons le, il était nul au pieu. Avoir confirmation de ces préférences là après coup est un peu âpre. Je me demande ce qu’il foutait avec moi. Toute modestie mise à part, je sais que je suis une jolie fille, que j’ai un beau corps et je suis sexuellement gourmande… Avoir passé 12 ans auprès de quelqu’un qui me reprochait ses échecs sexuels alors qu’il me cachait tout simplement qu’il préférait fantasmer sur des cam girls qui posent nues avec des oreilles de lapin… Quelle perte de temps ! Je ne juge pas ses inclinaisons, mais le manque d’honnêteté et les reproches… Je m’en serais bien passé.
Car oui, monsieur était éjaculateur précoce et c’était de ma faute… J’étais "trop excitante". Monsieur n’était jamais demandeur, mais c’est parce que j’étais "trop impressionnante". Je suis quand même bien conne d’avoir cru à cette relation. J’aurais du voir la réalité en face : Il avait peur d’être seul, il aimait vivre avec moi car je prenais soin de lui et il aimait bien m’exhiber en soirée, un peu comme un trophée, il ne me désirait pas car il avait des besoin spécifiques qu’il m’a toujours caché. Il fermait les yeux sur mes infidélités car ça l’arrangeait bien que je baise ailleurs et que je lui foute la paix au lit. Il m’a épousé car c’était un moyen pour lui de s’assurer que je ne l’abandonnerai pas. Il s’imaginait vivre ad vitam eternam ce mariage sans amour, se palucher devant des cam girls pendant que je passais des nuits chez mon amant…

Pas UNE SEULE FOIS il n’a été honnête avec moi. Son discours se résumait à ça : Je t’aime, tu es l’idéal féminin, tu es tout ce que je cherche chez une femme, si je ne te touche pas c’est parce que tu m’impressionnes et tu m’excites trop, je vais consulter un sexologue. Le discours qu’il prenait bien soin de me cacher était celui ci : tu es celle auprès de qui j’aime être car c’est l’image que je veux donner mais affectivement et sexuellement nous ne sommes pas compatibles. Je le sais mais je te le cacherai autant que possible pour ne pas que tu me quittes. Je dissimulerai mon absence d’affection derrière des cadeaux et des paroles, je trouverai des excuses pour justifier notre absence de vie sexuelle.
Malgré tout, nous avons réussi à nous séparer sans haine. Tout cela était un malentendu et il serait bien inutile de se répandre en reproches. Je ne sais pas s’il a été réellement violent avec sa dernière copine… Je sais en tout cas qu’il s’est mis en couple avec elle par vengeance, par ego. Il pensait me faire payer. Bien entendu, ce n’est pas une brillante idée. Cet ensemble de traits de personnalité, le côté revanchard, la dissimulation, l’égoïsme, la froideur… Tout cela le conduit peut être sur une mauvaise pente. J’espère de tout cœur qu’il trouvera la paix.

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2019-02-07T20:33:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Gueule-de-bois Gueule de bois Hier Jean donnait un concert avec son groupe. J'adore le voir jouer, c'est un musicien exceptionnel. On reconnait son jeu entre mille. A la basse il apporte de la sensualité et de l'élégance, j'y retrouve la toile de fond enivrante et vénéneuse des meilleurs morceaux de Gainsbourg. Cependant l'ambiance du concert était étrange. Un peu familiale, un peu "locale", les spectateurs étaient très gentils et bienveillants bien que timides et gênés... ça change des concerts parisiens. Ensuite on est allé boire des coups avec les musiciens. Idem pour l'ambiance. Un peu familiale, un peu Hier Jean donnait un concert avec son groupe. J’adore le voir jouer, c’est un musicien exceptionnel. On reconnait son jeu entre mille. A la basse il apporte de la sensualité et de l’élégance, j’y retrouve la toile de fond enivrante et vénéneuse des meilleurs morceaux de Gainsbourg. Cependant l’ambiance du concert était étrange. Un peu familiale, un peu "locale", les spectateurs étaient très gentils et bienveillants bien que timides et gênés… ça change des concerts parisiens.

Ensuite on est allé boire des coups avec les musiciens. Idem pour l’ambiance. Un peu familiale, un peu "private joke" ... Cependant l’alcool aidant (et ici ils ne sont pas derniers question picole!) les langues se sont vite déliées et on a passé une très bonne soirée avec des gens très gentils et touchants. On est rentrés complètement bourrés sans oublier d’acheter une fondue savoyarde sur le chemin du retour. Nous voilà donc aujourd’hui pas très en forme… Un bon dimanche gueule de bois/coca/fondue savoyarde.

J’aimerais profiter de cette ville avant de la quitter. Je sais que je ne suis pas très à l’aise, que beaucoup de choses ne me conviennent pas et que si j’envisageais de m’installer à long terme ici ce serait très dur. Mais nous partons bientôt et ça serait génial que ce passage par les terres du nord nous laissent de bons souvenirs. C’est ici que nous avons fuit la vie parisienne trop bruyante, trop coûteuse, trop stressante… Et c’était une très bonne idée.

J’ai enfin un rendez vous pour ma formation. Je préparerai mon entretien demain en espérant obtenir un financement assez rapidement.

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2019-02-03T14:12:23+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Overdose-de-gris Overdose de gris La région n'est pas vraiment propice à la légèreté. J'ai envie d'été, d’Andalousie, de fashion week, de fêtes, d'amis et de champagne. Mon père a reçu quelques résultats, tous négatifs. Mon père cette énigme, décidément. Même pour le corps médical il reste un mystère. Je suis tout de même soulagée... Même s'il serait plus sage d'attendre la totalité des résultats d'examen pour ça. Je tourne en rond ici. L'hiver rude et paralysant, je ne connaissais pas. Je dois avouer que ça a un certain charme. Je comprends mieux le caractère posé et mesuré des habitants La région n’est pas vraiment propice à la légèreté. J’ai envie d’été, d’Andalousie, de fashion week, de fêtes, d’amis et de champagne. Mon père a reçu quelques résultats, tous négatifs. Mon père cette énigme, décidément. Même pour le corps médical il reste un mystère. Je suis tout de même soulagée… Même s’il serait plus sage d’attendre la totalité des résultats d’examen pour ça.

Je tourne en rond ici. L’hiver rude et paralysant, je ne connaissais pas. Je dois avouer que ça a un certain charme. Je comprends mieux le caractère posé et mesuré des habitants locaux. De décembre à mars, le froid est terrible, les intempéries imprévisibles, les routes souvent bloquées. Le temps est alors au repli sur soi et son quotidien. ça a un côté calme et rassurant, c’est sûr, mais moi et mon goût pour la liberté et l’imprévu… On a du mal à s’y faire et on trépigne un peu.

J’envisage de reporter ma formation à plus tard, lorsque je serai installée dans ma nouvelle ville. J’en profiterai pour travailler et mettre de l’argent de côté pour le déménagement. De toute façon si les administrations régionales mettent autant de temps à réagir pour tous les stades de mon dossier, je n’aurai jamais le temps de boucler ma formation ici avant de partir et la question ne se posera pas. C’est quand même pas tous les jours facile à gérer cette putain de précarité et d’incertitude.

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2019-02-01T19:08:44+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Gris Gris Mon père a eu le résultat de ses examens avant hier, ils sont tous revenu négatifs. Passé un certain soulagement l'angoisse reprend: les médecins et pneumologues soupçonnent alors une maladie rare ou auto immune. Dans les deux cas ça peut s'avérer bien plus grave que ce que l'on soupçonnait précédemment. De nouvelles analyses ont été envoyées à Paris, nous sommes dans l'attente des résultats, de nouveau. J'appréhende beaucoup. Alors j'essaie de me changer les idées. J'ai acheté des fringues, j'ai cuisiné, j'ai bu comme un trou -mais dans la joie et la bonne humeur-. Jean Mon père a eu le résultat de ses examens avant hier, ils sont tous revenu négatifs. Passé un certain soulagement l’angoisse reprend : les médecins et pneumologues soupçonnent alors une maladie rare ou auto immune. Dans les deux cas ça peut s’avérer bien plus grave que ce que l’on soupçonnait précédemment. De nouvelles analyses ont été envoyées à Paris, nous sommes dans l’attente des résultats, de nouveau. J’appréhende beaucoup.

Alors j’essaie de me changer les idées. J’ai acheté des fringues, j’ai cuisiné, j’ai bu comme un trou -mais dans la joie et la bonne humeur-. Jean a retrouvé un vieil inhalateur de ventoline qui m’a permis de me débarrasser de mon problème d’asthme. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que j’aimerais beaucoup que la solution soit aussi simple pour mon père. Il a beaucoup neigé, Nouchka est ravie.

Je ne suis pas douée pour faire face aux situations angoissantes lorsqu’elles me laissent impuissante. Personne n’est doué, je crois, dans ces situations là. Alors j’ouvre parfois un onglet google, je fais quelques recherches sur les maladies auto immunes, ou sur les affections pulmonaires, ce que j’y apprend est terrifiant et pour l’instant inutile, alors je ferme l’onglet et j’essaie de penser à autre chose.

Jean joue beaucoup aux sims en ce moment, il passe des heures à construire des maisons incroyables. J’aime bien le sentir absorbé à sa tâche tout près de moi. C’est exactement ce qu’il me fallait, il est là mais pas vraiment, ça me permet d’être un peu seule mais pas trop. C’est parfait.

J’ai beaucoup parlé à mes amis au téléphone ces derniers jours. Pas forcément de mon père, c’est surtout pour me changer les idées. En vrac : Lolita est amoureuse, Béa est perdue, Simon a un pigeon blanc qui a élu domicile sur sa fenêtre, Gonzagues est proche du burn out. Je les admire mes amis et j’aimerais les voir plus souvent. Ils commencent à beaucoup me manquer. Ma période d’ermitage touche à sa fin.

Jean a croisé le couple de voisins étudiants, on va s’organiser un soirée avec eux dans les jours à venir, ça va me faire du bien ! J’ai besoin de m’exposer et me laisser irradier par leur jeunesse et leur insouciance !

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2019-01-31T19:36:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Etouffer Étouffer Réveillée à 6h par l'angoisse. Je me suis tourné et retourné dans le lit sans pour autant réussir à me rendormir. Mon père est à l’hôpital. Insuffisance respiratoire. Visiblement les médecins ne comprennent pas ce qu'il a. Il faut attendre de nouveaux résultats d'examen. Pendant ce temps, à l'autre bout de la France, je fais crise asthme sur crise d'asthme depuis une dizaine de jours et je ne peux m'empêcher de rire jaune en me disant que tout ça n'est que somatisation... Ma mère aura vraiment fini par littéralement nous étouffer tous les deux! Je suis un peu inquiète. Réveillée à 6h par l’angoisse. Je me suis tourné et retourné dans le lit sans pour autant réussir à me rendormir. Mon père est à l’hôpital. Insuffisance respiratoire. Visiblement les médecins ne comprennent pas ce qu’il a. Il faut attendre de nouveaux résultats d’examen. Pendant ce temps, à l’autre bout de la France, je fais crise asthme sur crise d’asthme depuis une dizaine de jours et je ne peux m’empêcher de rire jaune en me disant que tout ça n’est que somatisation… Ma mère aura vraiment fini par littéralement nous étouffer tous les deux !

Je suis un peu inquiète. Je crains l’annonce d’une maladie à la con. On a tous en commun ces moments suspendus à l’annonce de résultats médicaux…

Mon père cette énigme. Je suis en colère contre lui. J’ai passé 30 ans à réussir à me l’avouer mais ça y est : je suis en colère contre lui. Je suis en colère et il est malade, vulnérable, mortel. Bref ce n’est pas le moment d’être en colère. Quand j’ai ces flash back et que je me remémore tout ce à quoi il a assisté : les coups, les hurlements, les humiliations. Je me rappelle avoir tenté de me réfugier en courant vers lui, apeurée. Sa réaction a été de me rejeter et de hurler à son tour, que "je mettais de l’huile sur le feu", que je devais me taire, attendre que "ça passe", que "ça se calme". Il était apeuré lui aussi. J’ai vu comment elle lui parlait. J’ai vu de mes yeux, entendu de mes propres oreilles, ma mère dire à mon père que s’il n’agissait pas comme elle le voulait elle partirait avec moi et qu’elle dirait à tout le monde qu’il la frappait pour qu’il ne puisse pas obtenir de droit de visite. Il est lui aussi une victime. J’ai toujours tout fait pour le protéger, je m’interposais, mais lui m’engueulait à son tour pour me dire de me taire, que se défendre c’était mettre de l’huile sur le feu.... Comment peut on penser que la soumission à la violence est une solution? ! ça me fout tellement en colère. Je suis sorti de tout ça moi, je suis parti de la maison familiale très jeune… Mais lui ? Il n’est jamais sorti de cette maison. Il ne s’est jamais défendu, jamais protégé. Enfin si parfois, timidement. Mais évidemment face à ma mère… Ce n’était pas suffisant. Et lui comme un petit garçon boudeur s’est soumis, définitivement, et m’a forcé à en faire de même. Il m’a même expliqué un jour que quoi qu’il arrive dans la vie il valait mieux se soumettre et attendre, ne rien dire, ne pas se faire remarquer, ne pas faire de vague… Quelle connerie ! A cause de cette sacro sainte soumission il s’est rendu victime de ses propres décisions, de son propre mariage, il s’est rendu complice des violences qui ont été faites à sa fille… Pire, il m’a même fait croire que c’était de ma faute. Lorsqu’elle me hurlait dessus durant des heures, lorsque ses mains battoirs s’abattaient sur moi, je ne devais pas pleurer, pas crier… Si je craquais et que je pleurais, alors il se joignait à elle pour hurler… Pendant des décennies j’ai vraiment cru que j’avais mérité tout ça, que c’était ma nature, que je "mettais de l’huile sur le feu" que "j’envenimais les choses" que je n’y "mettais pas du mien"... Voilà. 30 ans de haine de soi, de honte et de silence. Merci beaucoup "papa".

Lorsque nous sommes allé chez mes parents à Noël avec Jean, la situation était déplorable. Ma mère ne se cache même plus. Mon père se fait gueuler dessus à la moindre occasion, dès qu’elle hausse un peu le ton il se tait, si elle lui coupe la parole il se tait, il fait attention à tout ce qu’il dit. Ma mère est devenu un vrai monstre, pire qu’avant. Je n’ose imaginer ce qu’il subit. Je ne peux rien faire. Il l’accepte. Il refuse mon aide. Durant les quelques jours qu’a duré notre séjour j’étais morte de honte et Jean était terriblement mal à l’aise, il a tout fait pour qu’on s’enfuie le plus rapidement possible, dans la voiture on avait le sentiment d’avoir échappé à un film d’horreur. Voilà, ce sont mes parents, c’est mon père, voilà leur quotidien, la réalité. C’est pas toujours facile à porter.

Voilà mes sentiments pour mon père : beaucoup d’affection, mais aussi beaucoup de colère… Tout ça mêlé à de la peine, de l’inquiétude, de l’incompréhension, de la honte aussi. J’aurais aimé qu’on puisse avoir une relation père-fille "normale". Débarrasser de tout ce pathos, des troubles de ma mère, de ces non dits, de ce silence imposé.

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2019-01-28T16:35:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Terres-du-nord Terres du nord Je suis tiraillée entre l'impatience de commencer une nouvelle vie ailleurs, au soleil, et la nostalgie de quitter cette ville. Voici une liste non exhaustive de ce qui, au regard de ma courte expérience locale, la caractérise: - Le ciel semble soit plus haut soit plus bas que partout ailleurs. On a parfois l'impression qu'il n'y a pas de frontière entre notre atmosphère et l'espace, mais quelques jours plus tard les nuages sont tellement bas et lourds qu'on a l'impression de se balader sous un plafond de béton. - De la mousse pousse sur les trottoirs et les routes en hiver. Les Je suis tiraillée entre l’impatience de commencer une nouvelle vie ailleurs, au soleil, et la nostalgie de quitter cette ville. Voici une liste non exhaustive de ce qui, au regard de ma courte expérience locale, la caractérise :

- Le ciel semble soit plus haut soit plus bas que partout ailleurs. On a parfois l’impression qu’il n’y a pas de frontière entre notre atmosphère et l’espace, mais quelques jours plus tard les nuages sont tellement bas et lourds qu’on a l’impression de se balader sous un plafond de béton.

- De la mousse pousse sur les trottoirs et les routes en hiver. Les ruelles ombragées sont recouvertes de végétaux d’un vert tendre.

- Lorsqu’il fait beau il suffit de regarder le ciel et l’horizon pour avoir l’impression de voyager dans l’espace.

- Les gens semblent soit très riches, soit très pauvres. Les "très pauvres" ont tout l’attirail de l’archétype du pauvre : alcoolisme, dents en moins, peau dégueulasse, cheveux gras, obésité, tatouages mal réalisés, vêtements sales et mal coupés. Les "très riches" sont des clichés du "parisien" et de la "parisienne".

- Je n’ai jamais vu autant de voitures sans permis depuis que je vis ici. Parfois, la nuit, le silence glacial et terrifiant est brisé par le vacarme comique d’une de ces petites voitures. En pensant à cette ville je crois que c’est le premier souvenir qui me viendra à l’esprit.

- On a l’impression d’une ville déserte alors qu’elle est en réalité dotée d’une population plutôt dense. Les gens sont comme de petites souris. On les voit galoper dans les rues pour rentrer du travail ou faire les courses, mais une fois qu’ils rentrent dans leur petite maison, ils n’en sortent plus. Tout se passe derrière les murs des maisons, les rues sont dépeuplées.

- Les gens sont discret, polis et mesurés, extrêmement respectueux, un peu austère parfois.

- La nature alentour est d’un bucolique exacerbée, digne d’un tableau de Monet.

- Le climat est rude. Il fait très froid et humide en hiver, très chaud l’été. Il pleut beaucoup. Il arrive que l’on passe plusieurs jours dans la semi obscurité d’un ciel de béton, de temps en temps transpercé par des éclaircies spectaculaires où chaque rayon de soleil est ourlé d’un camaïeu pastel. Dans ces moments là la lumière est sublime, subtile et délicate, digne de la meilleure soft box, digne d’une peinture d’un maître du classicisme. Mais avouons que la plupart du temps, les conditions climatiques sont merdiques.

- Il y a une tristesse ambiante, quasiment imperceptible, mais qui plombe l’air d’une certaine lourdeur. Ici c’est la précarité, l’exclusion. Les gens ont peur, s’enferment chez eux, se méfient. Il y a certainement plusieurs raisons à cela que je comprends mal. Géographiquement, c’est un lieu de transit. Le peu de temps que j’ai passé ici m’a appris que les vagabonds viennent de partout. Les esclandres entre clochards se font dans toutes les langues. On entend du russe, de l’allemand, de l’anglais et je ne sais quoi encore. Les passagers n’ont rien à perdre et ne laissent de nom nulle part. La précarité n’épargne pas les habitants locaux, le chômage est omniprésent, certains sont dans des situations telles qu’ils sont prêts à tout. On ne croise pas de jeunes filles qui rentrent seules, il n’y a pas d’immeuble sans triple système de sécurité.

- Il y a les monuments à la gloire des soldats et héros tombés durant les deux grandes guerres. Ici plus qu’ailleurs.

- Les tomates locales n’ont aucun goût, mais les tubercules sont délicieux.

- Il y a le calme et la beauté partout, même dans les choses tristes, même dans les choses moches. Vivre ici est difficile, mais c’est beau. C’est un lieu d’esthète fuyant le confort et la modernité.

Pas sûre que l’on m’embauche à l’office du tourisme avec un tel portrait ! Et pourtant… Je suis vraiment ravie d’avoir vécu dans cette ville.

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2019-01-22T19:34:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Fatigue Fatigue Réveillée aux aurores par une crise d'asthme. Le traitement aux corticoïdes m'empêche de me rendormir. Cet événement m'incite à évoquer un épisode représentatif de la violence que ma mère m'a infligé... Mais parfois ça me fatigue de toujours devoir revenir là dessus. J'ai bien compris que je n'avais pas le choix et que je devais tout passer en revue, voir la réalité en face de façon froide et neutre, prendre conscience de la gravité de tout ce qui a pu se passer. C'est la seule façon de se débarrasser du poids, de la honte, de la colère, de la violence. C'est la seule Réveillée aux aurores par une crise d’asthme. Le traitement aux corticoïdes m’empêche de me rendormir.

Cet événement m’incite à évoquer un épisode représentatif de la violence que ma mère m’a infligé… Mais parfois ça me fatigue de toujours devoir revenir là dessus. J’ai bien compris que je n’avais pas le choix et que je devais tout passer en revue, voir la réalité en face de façon froide et neutre, prendre conscience de la gravité de tout ce qui a pu se passer. C’est la seule façon de se débarrasser du poids, de la honte, de la colère, de la violence. C’est la seule voie vers la résilience. Mais il y a des jours… Je n’ai vraiment pas le courage. J’ai juste envie d’avancer, de penser à moi, à mon petit quotidien, à mes passions et à mes lubies du moment. Ce que je souhaite le plus au monde ce n’est pas l’argent ou la célébrité, c’est d’être madame tout le monde. Être cet espèce de freaks écorchée vive qui traîne partout ses bagages émotionnels c’est exaspérant. Alors il y a toujours un(e) relou(e) pour dire à ceux qui souffrent "mais c’est du passé ! Faut aller de l’avant!" Merci monsieur/madame le/la philosophe mais l’être humain est ainsi fait : il ne peut pas fuir ses problème et ses traumatismes. En tout cas pas à long terme. Et croyez moi j’ai essayé ! Par contre je crois profondément à la résilience et j’y travaille dur, chaque jour, depuis quelques mois. J’avais essayé timidement étant plus jeune, mais c’est quelque chose qui demande une implication totale. C’est terriblement ennuyeux. Heureusement ça n’empêche pas de continuer à vivre mais ça prend beaucoup de temps et d’énergie. La résilience pour 2019 ? J’y travaille ! Et j’avance de jour en jour, je peux mesurer mes progrès. C’est un marathon que je me dois à moi même, je dois prendre le temps d’extraire ce cancer de ma tête, de me guérir, de cicatriser. Je pense à l’étape suivante : peut être rejoindre une association ou témoigner ? Passer de l’individuel au collectif. Car malheureusement je ne suis pas la seule à devoir survivre à ça. Le grand tabou des violences maternelles n’est pas tendre avec ses victime et la société n’est pas prête à leur tendre la main, autant qu’elles s’entraident. Mais bon là je mets la charrue avant les bœufs. J’ai encore du travail avant de penser à tout ça.

Donc voilà, je ferai cet effort d’évoquer cet incident, bien que je n’en ai absolument pas envie, au nom de la résilience:
Lors de ma première grosse crise d’asthme, alors que je n’étais pas encore diagnostiquée, j’ai commencé par tousser, puis par m’étouffer, puis peu à peu à perdre tout mon souffle. Je n’avais plus qu’un minuscule filet d’air qui passait à grand peine dans mes poumons, provoquant un sifflement dégueulasse. J’étais chez ma mère, je lui ai demandé de l’aide, elle a refusé d’appeler les secours. Elle m’a tendu des somnifères en me disant que je me rendormirais et que je la laisserai enfin dormir tranquille. J’étouffais totalement, je n’arrivais pas à parler aux secours qui étaient débordés et qui ne comprenaient rien et je commençais à paniquer (ce qui est une mauvaise idée quand on a du mal à respirer). C’était durant la canicule de 2003 et heureusement pour moi la maison était phonétiquement très mal isolée… Le voisin mitoyen, qui ne dormait pas à cause de la chaleur, a entendu mes appels à l’aide puis mes sifflements, il est venu voir ce qui se passait, a appelé les secours et m’a ainsi sauvé la vie. Je suis tombé dans les pommes avant que les médecins ne puissent me donner de l’oxygène. Le voisin m’a ensuite raconté que les médecins ont passé un savon à ma mère qui râlait de leur intrusion, il m’a proposé de porter plainte… Je ne sais plus ce que j’ai répondu mais ce qui est sûr c’est que cette plainte n’a pas été déposée. J’avais simplement honte je crois. Et j’avais eu peur, j’avais déjà subit ses coups, elle m’avait déjà poussé dans les escaliers, alors de quoi je m’étonnais ? Et bien je ne sais pas. Je crois que je me trouvais dans le déni le plus total. Plus tard j’ai essayé d’en discuter avec elle. Elle m’a expliqué qu’à cause de moi elle n’arrivait pas à dormir et que, comme d’habitude, j’étais bruyante et je l’incommodais. J’ai failli mourir parce que madame était incommodée par sa fille en train de s’étouffer dans la pièce d’à côté.

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2019-01-15T08:47:37+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Vouloir Vouloir? Mon moral remonte. Du coup la question professionnelle me rattrape. J'ai ce projet bien ficelé et raisonnable m'offrant un boulot intéressant, bien payé, qui emploie partout en France, qui rendra enfin mon master utile... Je suis dans cette ville en grande partie parce c'est l'une des rares a accueillir une école proposant ma formation... Donc voilà... Mes problèmes de dents de sagesse étant résolus, mes vacances étant finies, me voici me confrontant à mes devoirs professionnels... Contacter l'école, chercher un financement pour ma formation... Dans 6 mois je dois quitter la ville, Mon moral remonte. Du coup la question professionnelle me rattrape. J’ai ce projet bien ficelé et raisonnable m’offrant un boulot intéressant, bien payé, qui emploie partout en France, qui rendra enfin mon master utile…
Je suis dans cette ville en grande partie parce c’est l’une des rares a accueillir une école proposant ma formation...
Donc voilà… Mes problèmes de dents de sagesse étant résolus, mes vacances étant finies, me voici me confrontant à mes devoirs professionnels… Contacter l’école, chercher un financement pour ma formation… Dans 6 mois je dois quitter la ville, il est temps que je m’y mette.

Et puis je me suis rappelé ce projet avorté l’année dernière ! J’ai eu l’opportunité de travailler en tant qu’auteure. J’ai relu mes notes… C’était pas mal, vraiment. Ce n’était pas le moment pour mois de porter un projet aussi ambitieux mais maintenant ? Pourquoi ne pas recontacter l’éditeur pour en discuter ?

Et puis je suis plasticienne après tout, pourquoi ne pas me consacrer à mon art ? "Il faut suivre ses rêves" disent-ils. Bons, je les ai déjà suivi mes rêves. C’était bien, c’était glamour, c’était mondain mais les coulisses étaient vraiment déprimantes.

En réalité je ne suis pas vraiment enthousiaste à l’idée de signer pour des heures de bureau et 5 petites semaines de congés payés par an. Je ne suis pas enthousiaste à l’idée de "rentrer dans le rang". J’ai, depuis l’obtention de mon diplôme (il y a 10 ans déjà) majoritairement travaillé en tant qu’artiste, vivant de mes droits d’auteur ou de mes ventes, ou en free lance dans un domaine très permissif et "rock’n’roll". Evidemment, ma vie a changé, avec l’arrivée de Jean j’ai envie d’avoir du temps libre, une vie privée. Car la vie d’artiste c’est 24H/24 7J/7. C’est vivre bouffée par l’angoisse. En tout cas pour moi. Je n’ai jamais connu la légèreté de la création, en tout cas pas quand la création était mon gagne pain. Je ne veux plus des impératifs mondains et "lifestyle" qui accompagnent ce genre de vie. Car les acheteurs, les galeristes, les éditeurs, bref les gens qui font vivre un travail artistique, ça se rencontre et ça se séduit. Parfois le travail suffit mais pas à chaque fois. Les soirées, les rendez-vous créa et les réseaux sociaux, je n’en peux plus. Vraiment. Depuis que je suis avec Jean je me suis retrouvé et je ne compte vraiment pas me lâcher. Peut-être qu’une routine… si tous les soirs à 19h je suis libre jusqu’au lendemain, tous les vendredis jusqu’au lundi… Peut-être que ça me conviendrait. Ne pas avoir d’impératifs sociaux "lourds", avoir un salaire fixe et un statut viable, la retraite, les arrêts maladie, la possibilité d’un crédit… J’ai passé toutes mes études à travailler d’arrache pied pour pas un sou et je devais cumuler les jobs sur mon temps libre, et je n’en ai pas un si mauvais souvenir que ça après tout. Le plaisir de créer sur son temps libre et vivre une vie d’artiste en parallèle… C’était mon projet de départ. Ma psy m’encourageait à me lancer sans filet de sécurité, d’être artiste pleinement. Je l’ai écouté. Peut-être que mon plan de départ était mieux adapté.

Je ne ferai pas l’erreur de trop réfléchir à la question. J’arrête là les nœuds dans le cerveau. Je laisse l’instinct me guider dorénavant.

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2019-01-14T18:34:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Attente Attente Journée grise et pluvieuse. Le retour dans cette région où je ne connais personne est rude après ce long séjour dans ma belle famille. Une opportunité nous incite à changer de lieu de vie cet été... En moins de quatre ans j'aurai vécu dans cinq appartements, trois régions différentes, je me serai marié deux fois et j'aurai -logiquement- divorcé, j'aurai vu ma situation professionnelle radicalement changer. Je suis extrêmement impatiente de poser mes valises dans notre chez nous et de clôturer une bonne fois pour toute cette période de transition, intense bien que pas Journée grise et pluvieuse. Le retour dans cette région où je ne connais personne est rude après ce long séjour dans ma belle famille.

Une opportunité nous incite à changer de lieu de vie cet été… En moins de quatre ans j’aurai vécu dans cinq appartements, trois régions différentes, je me serai marié deux fois et j’aurai -logiquement- divorcé, j’aurai vu ma situation professionnelle radicalement changer. Je suis extrêmement impatiente de poser mes valises dans notre chez nous et de clôturer une bonne fois pour toute cette période de transition, intense bien que pas toujours désagréable, épuisante, riche en découvertes mais définitivement inconfortable.

En attendant me voilá ici oú je ne me projette déjà plus. L’isolement social commence à me peser. Je pense déjà à ma vie dans cette grande ville où se trouvent toujours la plupart de mes vieux amis.
Jean est revenu en France il y a à peine plus de deux ans et a vécu ce même inconfort de façon bien plus extrême que moi. Nous sommes un peu deux vieux adolescents ballotés par leur anciennes décisions douteuses excités à l’idée d’un confort de vie et d’une sécurité tout nouveaux. On parle du jardin, du potager que l’on compte y planter malgré notre absence totale d’expérience en la matière, de Nouchka qui pourra s’y prélasser…

En attendant, nous voilà dans le froid et sous la pluie, sans amis aux alentours, jouant à la ps4 et promenant la chienne en tâchant d’éviter les rôdeurs avinés qui plombent le quartier. La beauté de cette ville, à laquelle j’étais si sensible il y a quelques semaines en arrière, m’a paru plus fade à la minute où je suis revenu sachant que mon avenir se trouvait ailleurs. La saison n’arrange rien… J’ai découvert la ville durant un interminable été indien radieux, je la retrouve sous un ciel de béton.
Quelques mois à attendre et c’est la maison, le jardin, la ville ensoleillée, les vieux amis, le mariage…

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2019-01-14T01:22:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Toxiques Toxiques Deux jours sans. Ce matin et hier matin j'ai été assaillie par des flash-back. J'ai néanmoins réussi à faire face à la situation. Il y a quelques années encore, j'avais pour habitude de m'intoxiquer avec tout ce qui pouvait me tomber sous la main (alcool, drogues, médicaments, etc) jusqu'à tomber dans les pommes pour fuir la réalité. Les flash-back se faisant de plus en plus fréquents au fil des années, cette "solution" devenait assez handicapante, et depuis ma tentative de suicide, le processus me semble trop dangereux. J'ai vécu dans un semblant de confort depuis la TS Deux jours sans. Ce matin et hier matin j’ai été assaillie par des flash-back. J’ai néanmoins réussi à faire face à la situation. Il y a quelques années encore, j’avais pour habitude de m’intoxiquer avec tout ce qui pouvait me tomber sous la main (alcool, drogues, médicaments, etc) jusqu’à tomber dans les pommes pour fuir la réalité. Les flash-back se faisant de plus en plus fréquents au fil des années, cette "solution" devenait assez handicapante, et depuis ma tentative de suicide, le processus me semble trop dangereux. J’ai vécu dans un semblant de confort depuis la TS jusqu’à il y a quelques mois : les antidépresseurs et anxiolytiques m’ont préservé assez efficacement de ces sensations. J’ai arrêté toute médication au mois d’août dernier, sans réelle difficulté.
Alors voilà, ce matin et hier matin ce fut assez violent. Des souvenirs bien enfouis m’ont sauté à la gorge. C’est sans doute le résultat de mon récent passage chez mes parents, les quelques petites réflexions assassines et autres sous entendus d’un cynisme à glacer le sang… Mais voilà. Je vais vivre. Je vaux mieux que ça. Je le sais. Si la seule séquelle visible que j’ai aujourd’hui c’est deux mâtinées de déprime après des événements lourds, je prends. Je saurai faire face.

Pas mal d’alcool ces dernières semaines, les fêtes de fin d’année servants d’excuse toute trouvée, néanmoins aucun comportement trop inquiétant, l’alcool étant un toxique que je supporte et que je maîtrise sans trop de difficulté. Cependant quelques jours avant mon départ pour chez mes parents, j’ai cédé à l’angoisse : J’ai falsifié une ordonnance pour obtenir des benzos et des hypnotiques. Un dérapage, sans aucun doute. Je n’ai pas envisagé de nouveau cette issue, ni hier, ni ce matin. Je la rejette en bloc d’ailleurs. Je ne veux plus que ma vie soit rythmée par les toxiques. De 2012 à 2016 la situation a viré au grotesque. J’essayais d’arrêter de boire, pour compenser je me suis noyée dans les médocs. Ma vie n’était plus que pharmacies de garde et boites qui s’amoncellent, avec toujours cette angoisse de manquer. La codéine était trouvable en vente libre à l’époque, un "ami" me ramenait de l’hydrocodone, Jessica me donnait des boites et des boites de xanax, de lexo, de tramadol, de zopiclone et de cet horrible seresta. Je me demande encore comment elle arrivait à se faire prescrire tout ça, et pourquoi elle me donnait ces boites… Enfin à l’époque… Je ne me posais pas de questions, je prenais et je remerciais tout en espérant qu’elle m’en ramène très vite. J’ai même été impressionnée et heureuse qu’elle me ramène du valium en quantité assez époustouflante. J’ai fait quelques trucs nuls. J’ai piqué une plaquette de séresta a mon grand père malade d’alzheimer en mettant cette disparition sur le compte de sa confusion… Je n’ai pas le look d’une tox, j’ai l’air en pleine santé avec mon teint clair, mon sourire à toute épreuve et mes grands yeux, on me soupçonne rarement d’addictions ou de dépression. C’est un peu mon malheur d’ailleurs, car aucun généraliste n’a su prendre au sérieux mes appels à l’aide avant ma TS. Ils se bornaient à me prescrire des médicaments phytothérapeutiques, bien insuffisants à mon état de détresse intense. Ce n’est qu’après ma TS que les médicaments m’ont été prescrits. Les antidépresseurs et benzos ont mauvaise presse, mais une fois consommés à rythme d’ordonnance ils m’ont vraiment permis de souffler et de changer de vie, même si ça a été une vraie plaie de m’en débarrasser.

Bref, après tous ces efforts je ne ferai pas machine arrière. Je veux vivre et être heureuse.

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2019-01-12T17:06:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Il-y-a-trois-ans Il y a trois ans En janvier 2016 j'étais au plus bas. Je "préparais" mon mariage avec Kylian. Je pleurais sans savoir pourquoi. J'avais un travail que je détestais dans un domaine que je détestais encore plus. J'avais des responsabilités énormes et jamais aucune reconnaissance malgré les résultats. Quand je demandais quelles étaient les priorités ou les nouvelles orientations à prendre on me répondait toujours "comme tu veux" "fais toi plaisir" ou encore "éclate toi!" ... Comme si ce travail n'était en fait que plaisir et loisir et que je le faisais pour ma simple satisfaction ou pour booster En janvier 2016 j’étais au plus bas. Je "préparais" mon mariage avec Kylian. Je pleurais sans savoir pourquoi. J’avais un travail que je détestais dans un domaine que je détestais encore plus. J’avais des responsabilités énormes et jamais aucune reconnaissance malgré les résultats. Quand je demandais quelles étaient les priorités ou les nouvelles orientations à prendre on me répondait toujours "comme tu veux" "fais toi plaisir" ou encore "éclate toi!" ... Comme si ce travail n’était en fait que plaisir et loisir et que je le faisais pour ma simple satisfaction ou pour booster mon ego… Non les mecs. Je le fais parce que vous en avez besoin et que vous m’avez embauché pour le faire. Bosser avec des gens qui se prennent pour des rock stars et qui brassent toute la journée de l’argent liquide qui ne sera jamais déclaré et qui rechignent à vous payer… c’était mauvais pour mon moral. Pas mes valeurs, pas mes convictions, encore moins ma culture.
Il y a trois ans j’entretenais une amitié terriblement toxique avec Jessica, qui se pointait chez moi à l’improviste… Enfin, pas exactement… Nous avions eu une dispute à ce propos, elle m’avait trouvé "très dure avec elle" de lui reprocher de venir chez moi à l’improviste dans la mesure où elle m’envoyait toujours un texto quand elle partait de chez elle et que quand on prévient, ce n’est pas à l’improviste. Dans la mesure où la plupart du temps je ne voyais pas son texto avant son arrivée et que visiblement mon avis ne comptait pas, je me trouve assez légitime de parler de visite à l’improviste… Tout cela vous donne un aperçu de la vacuité et du chichitage qui pesait sur tous les échanges que je pouvais avoir avec cette personne.
Il y a trois ans j’étais alcoolique. J’essayais d’arrêter de boire. Je me rappelle d’une semaine que j’avais passé seule, Kylian était loin pour son travail et Jessica était occupée ailleurs… Je n’avais pas bu une seule goutte d’alcool durant une semaine et je ne m’étais jamais senti aussi bien ! Mais Kylian et Jessica trouvaient toujours une excuse pour fêter quelque chose, à moins qu’ils aient passé une journée difficile et qu’ils aient besoin de se détendre… alors ils ramenaient 2, 3 bouteilles de vin à la maison, et puis des bières pour le film du soir, et du martini pour l’apéro… Je leur avais explicitement demandé de ne pas faire ça. Mais mon avis comptait peu. Ils me disaient toujours "oui, oui, pas de problème, je te comprends, je te respecte." Mais dans les faits rien ne changeait. Parfois je surprenais Jessica en train de remplir mon verre à mon insu. Un jour, j’ai joué le jeu et j’ai compté les verres. Elle en a bu deux alors que nous avions bu deux bouteilles. Pourquoi faisait-elle cela ? J’ai quelques débuts de réponses terribles. Elle a su se loger dans la faille que mon enfance a creusé chez moi et y a joué ses propres problématiques, sans respect aucun pour mon intégrité. Je n’avais pas les armes pour me protéger de ça jusqu’à récemment. Donc inutile de préciser que Jessica ne fait plus parti du décor !
Il y a trois ans je vivais une histoire "d’amour" triste avec Kylian. On avait cru être amoureux et on voulait y croire. Nous étions tous les deux sincères mais on se trompait. Je pense que les choses lui convenaient plutôt bien. Il a une personnalité très renfermée, très contrôlante. Très peu de place aux sentiments débridés et à l’amour fou dans sa vie. Moi évidemment, je m’ennuyais. Je l’ai trompé, durant des années. Je me sentais très coupable au début, me promettant à moi même de ne jamais recommencer, puis j’ai recommencé, et je me suis senti de moins en moins coupable. Kylian faisait comme s’il ne remarquait rien, ce qui a commencé à me blesser. Dans ma vision entière et passionné de l’amour, ce genre d’arrangement est inacceptable ! Et voilà un malentendu amoureux qui prend racine et qui signe la mort d’un couple. J’ai beaucoup de respect pour Kylian et avoir dû le quitter, les blessures qui ont accompagné la rupture, j’aurais aimé ne jamais avoir a les lui infliger. Mais c’était un malentendu, je n’étais pas moi même à ses côtés. Je dépérissait et personne ne mérite de vivre aux côtés de quelqu’un malheureux… C’est trop dur.
Il y a trois ans je venais de rompre avec le dernier amant en date, Gabor. Une histoire passionnée, tortueuse, destructrice avec ce "vieux" fou slave de 15 ans mon aîné. J’étais terriblement malheureuse.
Il y a trois ans je ne comprenais toujours pas ce qui avait cloché quand j’étais petite. Pourquoi autant de tristesse et de violence autour de ma naissance ? Je pensais que c’était moi le problème, je pensais que je foirais tout, que c’était mon essence. Le malheur, la violence, c’était moi, j’étais comme ça.

Du coup, il y a trois ans, un jour, sans que je prémédite quoi que ce soit, j’ai avalé toute la boite à pharmacie, me surprenant un peu au passage. Puis je me suis allongé sur mon lit et je me suis endormie. Je me suis réveillé 3 jours plus tard à l’hôpital avec l’affreux sentiment d’être passé tout près de la mort et de me retrouver vivante, comme une conne, avec toute une vie à nettoyer, à ranger. Par chance je n’ai eu aucune séquelle au foie ou à l’estomac. 3 ans plus tard je suis heureuse des avancées ! Plus de boulot pourri, plus de relation triste, plus d’adultère, plus d’amitié toxique, encore un peu d’alcool, certes, mais "avec modération", et puis surtout beaucoup de bonheurs et d’amour. J’ai encore du travail, mais après tout, je n’ai que 3 ans.

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2019-01-09T13:34:00+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/Fiancailles Fiançailles Jean, durant un repas où toute sa famille était là, a fait une déclaration: "ding ding ding! On va se marier!" tout le monde était content, certains très contents, je me sens appréciée, acceptée, accueillie. Et voilà, j'ai une famille, ça y est. J'ai attendu 33 ans mais je l'ai, la famille. Je me sens apaisée. Comme si un point d'équilibre s'était établi en moi. Je suis presque aussi heureuse d'épouser Jean que d'intégrer une famille! Nous rentrons demain dans notre ville de science fiction. Nous avons passé deux semaines de vacances intenses et riches en apprentissages. Jean, durant un repas où toute sa famille était là, a fait une déclaration : "ding ding ding ! On va se marier!" tout le monde était content, certains très contents, je me sens appréciée, acceptée, accueillie. Et voilà, j’ai une famille, ça y est. J’ai attendu 33 ans mais je l’ai, la famille. Je me sens apaisée. Comme si un point d’équilibre s’était établi en moi. Je suis presque aussi heureuse d’épouser Jean que d’intégrer une famille !

Nous rentrons demain dans notre ville de science fiction. Nous avons passé deux semaines de vacances intenses et riches en apprentissages. Il me tarde de retrouver mon chez moi (glacial!) et un peu de solitude aussi.

Je n’ai pas été aussi productive artistiquement que je ne l’aurais voulu, je n’avais pas envisagé que des vacances en famille soient aussi prenantes et aussi peu propices au travail ! Mais j’ai noué des liens avec mes beaux parents, mes belles sœurs, mon beau frère, mes neveux et nièces. Nouchka a intégré le groupe d’enfants comme s’il s’agissait d’une meute, je l’ai à peine vu depuis que l’on est ici. Elle demandait à sortir tôt le matin, dès qu’elle entendait les petits jouer, puis venait me retrouver une fois qu’ils étaient couchés. Elle jouait au foot avec les garçons, surveillait les plus petits, les petites filles lui faisaient des biscrock en pâte à modeler, elle fouinait sous la table du repas pour manger tout ce qui avait glissé de leur petites mains, elle se précipitait pour voir si tout allait bien quand l’un d’entre eux tombait ou se faisait mal. Les enfants l’ont couverte de câlins, elle était ravie. Elle a retrouvé son regard de jeune fille.

Nous voilà donc avec un mariage à préparer. Je veux une robe ancienne et toute simple, en lin, sur laquelle je broderai nos initiales (nous avons les mêmes avec Jean) en ton sur ton. Je porterai mes cheveux bouclés et lâchés, et un panier rempli de fleurs des champs et de brins de blé, des espadrilles compensées. Jean portera un gilet noir offert par son père sur une chemise blanche en lin et un jean bien taillé. On boira de la clairette et il n’y aura que les bons amis et la famille proche et aimante. On passera la soirée dehors sous une guirlande lumineuse multicolore avec les amis qui jouerons de la musique et on sera heureux et amoureux.

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2019-01-06T16:05:25+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/la-vie-tranquille la vie tranquille Aujourd'hui on a conduit des heures avant de trouver un disque de lynyrd skynyrd et le dernier bouquin de houellebecq. On est allé cherché des pizzas dans le froid, on a mangé des viennoiseries à 17h et j'ai bu trop, ou trop peu, de vin rouge au repas du soir. Je suis dans cet état intermédiaire que le "digestif" apaise la plupart du temps. La vie tranquille, ici, en France. Aujourd’hui on a conduit des heures avant de trouver un disque de lynyrd skynyrd et le dernier bouquin de houellebecq. On est allé cherché des pizzas dans le froid, on a mangé des viennoiseries à 17h et j’ai bu trop, ou trop peu, de vin rouge au repas du soir. Je suis dans cet état intermédiaire que le "digestif" apaise la plupart du temps. La vie tranquille, ici, en France.

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2019-01-04T22:43:13+01:00
http://wisdomteeth.journalintime.com/3nzm-Insomnie Insomnie Me voilà dans ma belle famille, à près de 5h du matin, sous le même toit que 4 enfants, véritables bombes à retardement prêtes à semer le chaos dans toute la maisonnée au moindre bruit. Tout cela serait sans importance si j'arrivais à dormir mais me voilà condamnée à fixer le plafond dans le noir depuis près de 6h. Mon ordinateur se trouve dans ma valise. Impossible à accéder sans prendre le risque de réveiller un petit. Alors j'écris sur mon téléphone portable. Je me fais des noeuds au cerveau. Ces derniers jours ont été durs. Avec Jean nous avons du nous rendre chez Me voilà dans ma belle famille, à près de 5h du matin, sous le même toit que 4 enfants, véritables bombes à retardement prêtes à semer le chaos dans toute la maisonnée au moindre bruit. Tout cela serait sans importance si j’arrivais à dormir mais me voilà condamnée à fixer le plafond dans le noir depuis près de 6h. Mon ordinateur se trouve dans ma valise. Impossible à accéder sans prendre le risque de réveiller un petit. Alors j’écris sur mon téléphone portable.

Je me fais des noeuds au cerveau. Ces derniers jours ont été durs. Avec Jean nous avons du nous rendre chez ma mère et mon père pour des raisons notariales auquelles je n’ai de toute façon rien compris. La torpeur s’est rappellée à moi…
J’ai peur d’avoir fait un pas en arrière. Grosse crise de confiance en moi. La voir, les voir, a rouvert la faille. Au moins pour l’instant. Je suis très préoccupée et inquiète. J’ai pris des décisions qui excluent que je coupe totalement les ponts d’avec eux… Je ne l’ai jamais totalement envisagé je crois… Mais tout de même. Je me sens prise au piège et vulnérable. Ma mère est entré dans la chambre où je dormais alors que j’étais au lit, elle m’a dit quelques banalités en s’énervant… Je ne saurais dire ce qui dans ce moment là m’a tout rappellé mais c’était atroce. J’aurais pu vomir. Jean m’a dit avoir vu, entendu, compris des choses suite à ce séjour, il me soutien de tout son être et me confie tout son amour sans retenu. Cela me remplit de joie mais en même temps je meure de honte qu’il me voit sous ce jour là. Qu’il voit un peu de cette réalité là. J’ai honte. Comme toujours.

Difficile de rester sympa et accessible avec les beaux parents et les belles soeurs/beau frère, encore plus difficile de lier des relations avec les petits alors que les occasions sont rares. Je suis préoccupée et dans mes pensées. Je tâche de faire bonne figure… J’espère que c’est convaincant. Je ne profite de rien...Tout cela tombe très mal et je culpabilise beaucoup. Je me sens faible, friable, délicate et chiante.

Je suis très anémiée et toujours au bord de l’étourdissement pour ne rien arranger. Je suis allé chercher réconfort auprès d’une pharmacienne un peu dépassée qui m’a conseillé un complément en fer (à 15 balles!) et du repos, qui m’a un peu rassuré aussi. Je me sens dépassée. J’aimerai un signe que tout va bien se passer, que je vais reprendre confiance et continuer la fantastique avancée entamée il y a quelques mois.

Dans un autre registre : Jean est l’homme de ma vie. On va se marier. Je l’aime et je ne veux que lui jusqu’à la fin des temps.

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2018-12-31T05:02:00+01:00